« Ce fut un grand honneur de participer à cette réunion historique » s’est vanté Donald Trump en annonçant la prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban. Prompt à exagérer et à se donner le beau rôle, le président américain reconnaît quand même que la situation ne s’apaisera pas en quelques jours et dit seulement espérer qu’un accord sera conclu « cette année ».
Au moment où il parlait, les combats continuaient et, ce matin, l’armée israélienne émettait un appel à évacuer un village du sud du Liban situé au nord de sa « ligne jaune ». Le Hezbollah réaffirme, lui, que « nul ne pourra le désarmer ». Le cessez-le-feu reste très fragile.
Dans ces conditions, on peut se demander à quoi pense le locataire de la Maison Blanche quand il promet que « les Etats-Unis vont collaborer avec le Liban pour l’aider à se protéger contre le Hezbollah ». La milice chiite fait partie intégrante du pays du cèdre et sa branche politique, très liée à la militaire, est présente au gouvernement, au Parlement, dans toutes les institutions. Pour parvenir à un accord, puis à une paix, pour le détacher de l’Iran, le Hezbollah doit participer aux négociations.
L’Etat hébreu a le droit d’exister, le devoir de se défendre contre ceux qui veulent le rayer de la carte, mais pas celui de dépasser toutes limites, d’oublier les règles internationales, de bafouer le droit des autres. Que veut Israël qui semble ne connaître que la force ? Avec Netanyahou et ses extrémistes, voudrait-il étendre son territoire, reculer ses frontières ? Les radicaux revendiquent bien sûr Gaza et la Cisjordanie, mais aussi, au Liban, toute la zone au sud du Litani. En Syrie également, ils ont des prétentions. Depuis la guerre des six jours en 1967, les Israéliens occupent la majeure partie du plateau du Golan et, profitant de la chute d’Assad en décembre 2024, tentent de progresser dans le sud-ouest du pays. Mercredi, quelques dizaines de membres du groupuscule « Les pionniers de Bashan », sont entrés en Syrie où ils souhaitent implanter des colonies. Tsahal les a appréhendés et a « fermement condamné cet incident », mais la volonté est claire. Israël, qui réclame une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie, a mené depuis un an des centaines de frappes et conduit des incursions chez son voisin.
Le « grand Israël » ?
