Il y a 43 ans, le 17 mai 1983, un accord mettait fin au conflit déclenché l’année précédente par l’invasion israélienne du sud-Liban. A cette occasion, le Hezbollah, créé en 1982 par l’Iran de Khomeini, a publié un communiqué reprochant au gouvernement de Beyrouth d’emprunter « un chemin de concessions » au détriment de la souveraineté du pays et refusant tout accord de paix. Le mouvement combattant chiite considère que les négociations directes avec Israël « servent à renforcer et accroître les acquis israéliens aux dépens du Liban et de son peuple » et rappelle « les projets coloniaux » régulièrement évoqués par des dirigeants israéliens.
La veille, le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait fustigé le Hezbollah : « assez d’aventures irresponsables qui servent les intérêts étrangers ». Il avait répété qu’aucun groupe armé ne devait être toléré.
Ces deux déclarations montrent, s’il le fallait encore, le caractère insoluble de l’imbroglio libanais. Tout au moins tant qu’une de ses composantes essentielles ne participera pas aux négociations.
S’il est sûr que le Hezbollah, aux ordres de Téhéran, œuvre contre le Liban, il est aussi exact qu’il constitue une partie intégrante du pays du cèdre. Certain également que les attaques disproportionnées d’Israël le renforcent. Nombre de membres du parti chiite Amal du président du Parlement Nabih Berri le critiquent sévèrement tout en reconnaissant qu’il défend le pays contre l’expansionnisme sioniste.
Les autorités libanaises ont beau répéter, lors des négociations à Washington, leur engagement leur engagement à ce « qu’aucun groupe armé non étatique, en l’occurrence le Hezbollah, ne dispose d’aucun rôle militaire ou sécuritaire, ni de capacités armées, où que ce soit au Liban » et Israël affirmer son « plein respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du Liban dans ses frontières reconnues internationalement », rien n’avancera tant qu’un accord ne sera pas trouvé entre l’Iran et les Etats-Unis. Hier, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dit avoir « reçu des messages » de Washington en faveur de la reprise des négociations pour mettre fin au conflit.
En attendant, Netanyahou conservera sa définition très particulière du cessez-le-feu qui lui donne le droit de faire ce qu’il veut, de raser des dizaines de villages, de rendre improductives des terres agricoles en larguant par avion pesticides et herbicides, de tuer. Plus de 3 000 morts depuis le 2 mars, dont 400 après le cessez-le-feu, et plus d’un million de déplacés.
Les négociations politiques reprendront en juin. Auparavant, à partir du 29 mai, Libanais et Israéliens chercheront, au Pentagone, les moyens de désarmer le Hezbollah. Mission toujours impossible par des moyens militaires. Depuis de longues années, l’histoire se répète.
