Il y a un an, la victoire russe ne faisait pratiquement aucun doute, mais les Ukrainiens, résilients et ingénieux, ont, principalement grâce à leurs drones, repris l’initiative et l’avantage. Lors du G7 d’Evian, en France, Donald Trump a fait volte-face et reconnu que Kiev « s’en sort plutôt bien, tient bon ».
En Russie, le mécontentement grandit, la population ressent la guerre. 55 des 83 entités du pays connaissent des restrictions sur la vente d’essence et l’inflation persiste. Dans les rues, on voit des recruteurs enrôler de force des hommes pour aller au front où, chaque mois, plus de 30 000 soldats sont tués. On évoque une prochaine mobilisation … L’opinion publique commence à s’interroger sur « l’opération militaire spéciale » vantée par le régime. La Crimée est placée en « situation d’urgence » par son gouverneur, les habitants commencent à fuir et les Russes n’y viennent plus en vacances. La péninsule, frappée quotidiennement par des drones et isolée, n’est plus vraiment un paradis.
Volodymir Zelensky, fort des succès enregistrés par son unité d’élite Alpha et ses drones, a « approuvé une opération d’influence pour le Service de sécurité de l’Ukraine contre l’État agresseur visant à le contraindre à mettre fin à la guerre ». La planification militaire restant strictement confidentielle, Zelensky n’a pas donné davantage de précisions sur le contenu de cette opération, mais il est certain qu’elle inquiète Moscou. Un peu comme il y a trois ans quand Prigogine menaçait le régime.
Des observateurs estiment que Poutine n’est pas tranquille et a renforcé sa sécurité. L’ex oligarque devenu opposant, Mikhaïl Khodorkovski, affirme, sans preuve, que Poutine est déjà en train de perdre le contrôle et que les services secrets auraient, de fait, pris le pouvoir. Le président ukrainien indique que son homologue russe a redéployé une grande partie de sa défense aérienne vers des sites stratégiques autour de Moscou et de sa résidence à Valdaï. D’autres sources prétendent qu’il l’a fait démonter pour éviter qu’elle ne soit frappée… Des commentateurs ont remarqué que Poutine paraissait vieilli avec un « visage bouffi », ce qui, selon des scientifiques serait dû “au stress chronique, à la peur paranoïaque de perdre le contrôle et à l’isolement”.
Officiellement, tout va bien, l’opération spéciale poursuit son cours favorable et l’économie, certes en difficulté, n’est pas en danger. Que des mots alors que la Russie vit un moment de bascule ? Rien ne prouve que le régime de Poutine soit en train d’imploser lentement comme l’écrit le Financial Times. Il a des ressources, contrôle toujours tout, garde des moyens de pression et de coercition. Il est cependant certain que les critiques sont de plus en plus prégnantes, y compris dans les cercles proches du Kremlin.
