Difficile de se réjouir de la signature d’un accord provisoire entre Israël et le Liban qui doit conduire à « une paix durable ». Imposé par les Etats-Unis, il ne représente, a reconnu son négociateur, le secrétaire d’Etat Marco Rubio, que « le début du début » et, a-t-il ajouté, « nous ne sous-estimons absolument pas la difficulté de la tâche qui nous attend ».
Le quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour souligne que « l’essentiel reste à faire » et pose la question cruciale : “comment l’armée libanaise pourra-t-elle mettre en œuvre les dispositions de ce texte alors que le Hezbollah refuse de s’y conformer ?” En effet, il ne dit pas comment désarmer le Hezbollah, mais, en proposant deux « zones pilotes » aux mains de l’armée libanaise, il fait comme si ce désarmement allait de soi. Pourtant, le mouvement combattant chiite contrôlé par les gardiens de la révolution iranienne, refuse de rendre ses armes et réclame le retrait total des forces israéliennes. Ses partisans ont manifesté vendredi soir et mis en avant leur défense de la Palestine qui demeure leur « boussole ».
Le Hezbollah agite toujours la menace, réelle, d’une guerre civile si l’armée cherche à les mettre au pas. Ce qui reste souhaité par Washington qui a promis son aide ainsi que celle d’alliés.
En revanche, l’accord – article 5- permet à Israël d‘agir à sa guise, de mener des opérations militaires et d’occuper une partie du Sud Liban tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé. Des frappes ont eu lieu cet après-midi. Netanyahu se renforce en vue des prochaines élections.
Cet accord ne change donc rien sur le fond. En réalité, sa signature voulue par Trump a d’autres buts : convaincre l’Iran que les Etats-Unis font leur possible pour ramener la paix au Liban et peser sur les gardiens de la révolution, qui l’exigent, afin qu’ils arrêtent le Hezbollah.
Ainsi, la cible de l’accord conclu hier est l’Iran plus que le Liban ? Trump, pour des raisons surtout intérieures, a besoin de la fin de sa guerre iranienne. Le Liban ne l’intéresse pas vraiment.
