Après les manifestations du 17 octobre et avant celles de demain, puis du 5 novembre, les hebdomadaires français, guère optimistes, s‘inquiètent et questionnent. Le Point titre « Mais qu’a-t-on fait de la France ?» et Marianne interroge : « va-t-on vers la guerre civile ? » L’Express pointe « la faillite de l’Etat » et le Nouvel Obs voit « la présidentielle sous haute tension ». Qui aurait imaginé il y a encore quelques mois que la question de la guerre civile se pose en France ? Nul ne semble vraiment croire que le pays en arrive là, mais dans Le Point, le philosophe Pierre-Henri Tavoillot, repris par Marianne, déclare que « nous nous rapprochons de quelque chose de cet ordre. Une guerre civile suppose deux camps antagonistes. Or, c’est précisément ce que je vois émerger depuis quelques semaines ». Dans la même veine, un autre philosophe, Tristan Garcia, confie au Nouvel Obs que « quand on sème de l’impuissance politique, on récolte la tempête » » et aussi « de la rage et de la violence ». L’Express qui dénonce « la faillite de l’Etat », raconte « le jour où l’ultragauche a mis la France à genoux » et cite un haut responsable du ministère de l’Intérieur qui craint que le 17 octobre ne soit qu’ « une répétition générale ».
La journée de demain va livrer de nouveaux enseignements. Face à l’ultragauche qui appelle à de nouvelles violences et pillages, le ministère de l’Intérieur a promis d’être intraitable avec un dispositif de sécurité XXL. L’armée sera mobilisée pour des « missions de sécurisation statique », la défense des bâtiments publics, des lieux de pouvoir. Que feront les soldats s’ils sont défiés, attaqués ? Des tirs à balles réelles ? Les commerçants, eux, tentent de se protéger au mieux et ont acheté en masse des armes non létales.
En plus des manifestations, il y a ce weekend le congrès du Rassemblement national à Orléans. Une réunion démocratique, normale pour un parti politique, mais qui suscite, et ce n’est pas une première, de nombreuses réactions négatives. Plus de 20 000 personnes devraient manifester leur opposition totale au tandem Le Pen-Bardella. C’est bien pour cela que certains posent la question de la présidentielle. Un préfet dit son inquiétude à L’Express : « Nous sommes rentrés dans une phase pré-insurrectionnelle. Ce samedi, c’était le début des emmerdes jusqu’à la présidentielle ». Un match, un combat total entre le Rassemblement national et La France insoumise…
