« J’ai eu affaire à ce petit salaud. Il est rusé. Pour les Européens, c’est comme un enfant handicapé mental. Et il se comporte comme Mr. Bean sous l’emprise de drogues ». D’après un ouvrage des journalistes du New York Times, Maggie Haberman et Jonathan Swan, c’est ainsi que le secrétaire au trésor américain Scott Bessent voit le président ukrainien. En février 2025 il aurait conseillé à Trump de ne pas le recevoir… Mercredi à Saint-Pétersbourg, Steve Witkoff a fait l’éloge de Vladimir Poutine qui venait de libérer un détenu américain : « Vous parlez souvent de mon président comme d’un humaniste. Vous êtes vous-même un humaniste, monsieur ». Hier à Bombay, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a confirmé le ralentissement pour l’Ukraine de Starlink et Starshield mais en a accusé Elon Musk qui avait rejeté la responsabilité sur Trump. Et, surtout, il a affirmé que sans le soutien américain, « l’Ukraine en tant qu’État souverain n’existerait pas ». Il oublie, évidemment de parler de l’Europe et du matériel qu’elle a payé et que Washington ne livre pas. Donald Trump, lui, multiplie les déclarations contre Zelensky qui devrait démissionner, qui n’a « pas la volonté de mettre fin à la guerre » contrairement à son ami Poutine et promet, comme à son habitude que la paix n’a « jamais été aussi proche ». Lors du G20 de Miami en décembre auquel il a invité la Russie ?
Alors qu’il risque de perdre sa majorité aux élections de mi-mandat le 3 novembre, le président américain tente de rassurer les électeurs en leur promettant des jours meilleurs, en vantant ses mérites contrariés notamment par l’Ukraine et l’Iran. D‘ailleurs, il a repris l’idée de Poutine d’un sommet des trois grands -Russie, Chine, Etats-Unis- lors de la réunion de l’APEC – Coopération économique pour l’Asie-Pacifique- qui se tiendra en Chine à Shenzhen les 17 et 18 novembre. Rien n’est encore certain, mais ce serait pour Trump une occasion de plus de se mettre en valeur, de signer quelques « business deals ». D’où l’annonce destinée aussi à gagner des électeurs…
Ce ne serait cependant pas un nouveau Yalta, un nouveau partage de l’Europe auquel les Européens ne seraient pas conviés car les intérêts des trois pays divergent. Trump dit vouloir parler de désarmement nucléaire, Poutine de l’Ukraine, et Xi Jinping sait qu’il doit ménager l’Europe, débouché des produits chinois. Trump ne le dit pas clairement, mais il chercherait à persuader ses deux partenaires d’amener l’Iran à reddition, de rouvrir totalement le détroit d’Ormuz libre avant que les Etats-Unis et Israël ne déclenchent les hostilités. Netanyahou souhaite la reprise de frappes massives.
Quoi qu’il en soit, l’Ukraine semble sur le point d’être totalement lâchée par les Etats-Unis de Trump. Ce qui ne signifie pas fatalement la fin de la guerre.
