Le collectif de défense des députés a tenu une conférence de presse, ce lundi 04 avril, à l’hôtel El Mechtel de Tunis, annoncé par l’avocat Samir Dilou sur sa page officielle.
Le chef du parti Al Amal, Ahmed Néjib Chebbi, a affirmé lors de cette conférence, que le président de la République, Kaïs Saïed, ne pourrait rien contre les députés car ceux-ci avaient déjà voté pour la fin des mesures exceptionnelles en référence à la plénière qui s’est tenue mercredi dernier. Il a indiqué que les députés avaient accompli leur devoir et que l’appui international était la preuve de la légitimité de ce qu’ils avaient entrepris.
« Même s’il (Kaïs Saïed, ndlr) venait à mettre tous les députés en prison, il ne changera rien aux faits. Il ne fera qu’aller vers l’escalade. Votre présence ici aujourd’hui est, d’ailleurs, la preuve que la crise politique en Tunisie est entrée dans une nouvelle phase », a avancé Ahmed Néjib Chebbi.
Ahmed Néjib Chebbi a appelé, dans ce sens, la société civile à se mobiliser taclant le président de la République sur la dissolution du Parlement. Notant que le chef de l’Etat avait admis quelques jours plus tôt que la Constitution ne lui permet point de dissoudre l’Assemblée, le politicien a précisé que la plénière qui a été organisée avait pour objectif de provoquer un dialogue national et ouvrir la voie à une sortie de la crise.
Intervenant au nom des députés accusés, Samir Dilou, a signalé que les députés avaient tenu ladite plénière sur la base de l’article 80 de la Constitution, lequel stipule que l’Assemblée des représentants du peuple est considérée en état de réunion permanente, en cas de situation exceptionnelle.
Le député a, dans ce sens, assuré que les députés accusés n’avaient pas peur avant d’ajouter en référence au président de la République : « Celui qui devrait avoir peur est celui qui a commis un coup d’Etat, celui qui a qualifié les agences de notation de ‘ommek sanafa’, celui qui a sollicité le FMI alors qu’il avait déjà à son compte des atteintes aux droits de l’Homme, un procès contre le bâtonnier des avocats, des députés et avocats kidnappés, une ingérence dans la justice, un conseil supérieur de la magistrature dissout… ».
Samir Dilou a souligné, également, que le comité ne ferait nullement pression sur une justice déjà malmenée et menacée. « Qu’on nous traduise devant la justice, qu’on nous emprisonne. Nous ne reculerons pas ! », a-t-il lancé.
Rappelons que des députés ont été convoqués à comparaître vendredi dernier par la brigade anti-terroriste , ceux ayant participé à la plénière virtuelle, pour « formation présumée d’une entente en vue de comploter contre la sécurité intérieure de l’Etat ».
Le procureur de la république avait engagé des poursuites judiciaires contre des députés de l’Assemblée dissoute, à la demande de la ministre de la Justice, Leïla Jeffal, suite à la tenue de cette plénière.
La séance plénière s’était tenue mercredi 30 Mars à distance, en présence de 121 députés, suite à quoi le chef de l’Etat a procédé, le jour même, à la dissolution de l’Assemblée, qualifiant ladite plénière de « coup d’Etat avorté, et de complot contre la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat ».
