Entre affirmations de Trump et dénégations de l’Iran, la guerre continue et les États-Unis acheminent matériels et hommes dont 3 000 parachutistes de la célèbre 82ème division aéroportée pour un éventuel débarquement sur l’île de Kharg. Les gardiens de la révolution affichent toujours leur volonté de ne pas céder, mais ont fait un geste d’apaisement en autorisant le passage du détroit d’Ormuz aux bateaux de pays amis. Une décision qui, en réalité, marque la prise de contrôle avec un droit de passage qui s’élèverait à deux millions de dollars payés en yuans. A l’image du canal de Suez…
Si les Pasdarans veulent maintenir leur pouvoir, leur régime, on ignore toujours les véritables intentions du président américain si ce n’est qu’il fera tout pour se prétendre victorieux et protecteur du monde…
Si l’on parle de pétrole, de gaz et de crise, on a tendance à oublier le peuple iranien qui subit bombardements et répression. Selon le dernier rapport de l’ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA), en date du 23 mars, 1 443 civils (dont au moins 217 enfants) ont été tués ainsi que 1 167 militaires. À cela s’ajoutent 658 victimes qui n’ont pas pu être classifiées comme civils ou militaires. D’après le Croissant-Rouge iranien, 81 365 sites civils ont été endommagés.
Cette guerre qui affecte plus ou moins gravement le monde entier éclipse les autres conflits qui secouent de nombreux pays. Des drames passés sous silence, ou presque. Des morts dont on ne se soucie pas…
La tragédie se poursuit à Gaza. Depuis le 10 octobre 2025, l’armée israélienne ne cesse de violer le cessez-le-feu et au moins 677 Palestiniens ont été tués. « Mi-mars, on avait déjà autant de victimes, des blessés ou des morts, qu’en 2025. Cela dit un petit peu la violence de la situation », alerte Jean-François Corty, président de Médecins du Monde. En Cisjordanie, la colonisation s’accélère et les attaques colons, impunis, sont journalières.

A Haïti, plus de 5 000 personnes sont mortes entre mars 2025 et la mi-janvier, a révélé hier un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. Des victimes dues aux violences exercées par les gangs qui étendent leurs emprise et aux forces de sécurité officielles ou privées ainsi qu’aux groupes d’autodéfense.. Au Soudan, les combats entre le général Abdel Fattah Al-Burhan, chef des forces armées et président de facto du pays, et son ancien adjoint, Mohamed Hamdane Daglo, dit “Hemeti”, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), ont fait plus de 150 000 morts et environ 13 millions de déplacés. Les Nations unies qualifient cette guerre de « plus grave crise humanitaire du monde ». Aujourd’hui, des tensions et des divisions tribales viennent se greffer sur cette rivalité entre chefs militaires et l’on craint que le conflit déborde sur le Tchad. Mercredi dernier, une frappe de drone venue du Soudan a fait 20 morts et plusieurs dizaines de blessés graves dans la ville frontalière de Tiné, Le président Deby Itno a mis son armée en état d’alerte…
Un nouveau conflit s’ajouterait aux quelques 65 recensés par l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo, référence mondiale en matière de suivi des conflits.
Le Sahel, devenu l’ « épicentre » du terrorisme mondial en 2025, concentre plus de la moitié des 5582 enregistrés. Il y a quelques jours, à Londres, le président nigérian Bola Tinubu s’est inquiété du « défi du terrorisme ». Dans la République démocratique du Congo, un nouveau groupe armé, « Debout Katanga pour la libération du Congo », a fait son apparition et ses premières victimes.
On pourrait bien sûr évoquer aussi l’Ukraine et parler de la montée de la violence dans de nombreux pays dont les États-Unis et la France…
