L’Ukraine a affirmé avoir abattu 12 missiles russes dont six Kinjal hypersoniques lors de l’attaque ayant visé la capitale Kiev, le jour d’une visite d’une délégation de dirigeants africains.
Selon l’armée de l’air ukrainienne sur Telegram, ses forces ont détruit six missiles hypersoniques Kinjal, six missiles de croisière Kalibr et deux drones de reconnaissance. Le chef de l’administration militaire de Kiev, Serguiï Popko, a dit que tous ces projectiles ont été interceptés au-dessus de la région de la capitale.
«Explosion dans la capitale, dans le district de Podil. Les missiles volent encore en visant Kiev», a indiqué le maire Vitali Klitschko sur Telegram, alors que la défense anti-aérienne était en action et que des journalistes de l’AFP ont entendu des déflagrations.

Mission africaine à Kiev
Une délégation de dirigeants africains, dont le président sud-africain Cyril Ramaphosa, est arrivée en Ukraine pour une mission de médiation entre ce pays et la Russie. Elle a rencontré le président Zelensky ;
La mission a commencé son voyage par une visite à Boutcha, a indiqué la présidence sud-africaine sur Twitter en publiant plusieurs vidéos de leur déplacement dans la ville près de Kiev, théâtre d’un massacre de centaines de civils imputé à l’armée russe. Une visite qui a donc été accueillie par l’attaque de missiles russes qui a visé Kiev.
Le chef de la diplomatie ukrainienne a estimé que ces frappes démontrent que la Russie veut signifier à une délégation de dirigeants africains qu’elle veut la guerre et non une médiation. «Les missiles russes sont un message à l’Afrique : la Russie veut plus de guerre, pas de paix», a indiqué Dmytro Kouleba sur Twitter, évoquant «la plus importante attaque de missiles contre Kiev depuis des semaines». La délégation africaine doit rencontrer samedi le président russe Vladimir Poutine.

Recul russe
L’armée russe a reconnu que des combats étaient en cours pour le contrôle des localités de Rivnopil et Ourojaïné, sur le front sud en Ukraine, admettant à demi-mot pour la première fois avoir cédé des territoires.
La Russie, Vladimir Poutine en tête, martèle depuis le début de la contre-offensive ukrainienne début juin que celle-ci est un échec et que toutes les attaques ont été repoussées, alors que Kiev assure avoir libéré une poignée de localités et une centaine de kilomètres carrés, essentiellement sur le front sud. «Dans la zone du saillant de Vremivka, les combats les plus actifs ont lieu dans les districts des localités de Rivnopil et d’Ourojaïné», a indiqué vendredi le ministère russe de la Défense, assurant y avoir repoussé cinq attaques au cours des dernières 24h, à l’aide de son aviation et de son artillerie.
Un «saillant» – terme militaire – est une zone sous le contrôle d’une force qui avance comme une protubérance dans un secteur contrôlé par un ennemi et donc exposée sur plusieurs côtés. Le fait que des combats aient lieu pour ces bourgs signifie que les lignes russes ont reculé de quelques kilomètres vers le sud et vers l’est autour de cette zone exposée de Vremivka, à la frontière des régions de Zaporijjia et de Donetsk, partiellement occupées par la Russie.

Tortures « systématiques » ?
Dans une lettre aux autorités russes, Alice Jill Edwards, rapporteure spéciale de l’ONU sur la torture et autre traitements cruels, inhumains et dégradants, s’inquiète de multiples témoignages montrant que les troupes russes en Ukraine torturent « systématiquement et intentionnellement » civils et prisonniers de guerre, avec l’approbation de l’Etat. « Les pratiques dénoncées comprennent des décharges électriques, des passages à tabac, des cagoules, des simulacres d’exécution et autres menaces de mort », écrit-elle.

