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En Ukraine ces dernières heures

Tunisie Direct par Tunisie Direct
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En Ukraine ces dernières heures
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 Présence visible des forces de l’ordre, aux carrefours et dans le métro de Moscou, points sensibles ceinturés et bâtiments officiels protégés par des cordons de sécurité…, comme le chantait naguère Gilbert Bécaud, la «place Rouge était vide», ce samedi matin, rendue inaccessible aux visiteurs qui s’y pressent habituellement le week-end, écrit le correspondant du Figaro à Moscou.

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Si la capitale russe n’a rien dans son allure d’une ville en état de siège, certaines «mesures antiterroristes» annoncées tôt le matin par le maire Sergueï Sobianine, à la suite de la rébellion du groupe paramilitaire Wagner, étaient néanmoins visibles. Le «régime d’opération antiterroriste» mis en place prévoit notamment une «interruption des communications, si nécessaire» et une «annulation des manifestations de masse», selon le communiqué de Sergueï Sobianine. Il affirme que «tous les services municipaux fonctionnent normalement» et remercie les Moscovites pour leur «calme» et leur «compréhension».

Contrairement à Rostov-le-Don, partiellement sous le contrôle des forces «rebelles» du groupe Wagner, les habitants de la capitale n’ont pas été officiellement appelés à «rester à la maison».

Significativement, avant même que Vladimir Poutine ne s’exprime à la télévision pour condamner «un coup de couteau dans le dos du peuple russe» – sans citer nommément Evguéni Prigojine et son groupe de mercenaires -, des affiches de recrutement du groupe Wagner ont été retirées des panneaux publicitaires, nombreux dans les quartiers périphériques de la capitale. L’effet, possiblement, de l’ouverture dans la nuit d’une «enquête pénale en lien avec la tentative d’organiser une mutinerie armée», explique le quotidien français.

                « Punitions inévitables »

Il y aura des « punitions inévitables » a affirmé Vladimir Poutine. « Nous défendrons notre pays, y compris contre une trahison de l’intérieur », a assuré le président russe, qui dénonce « un crime grave, une fronde armée ». « Cela peut mener à une guerre civile. (…) Toute fronde intérieure est une menace mortelle contre notre État », a-t-il estimé.

« Les actions qui divisent notre unité montrent la défaite devant notre propre peuple. C’est un coup de couteau dans le dos de notre pays et de nos concitoyens », a-t-il ajouté. Sans jamais le citer, Vladimir Poutine a plusieurs fois fait allusion à Evguéni Prigojine dont les « ambitions démesurées » l’auraient poussé à « trahir » son « pays et son peuple ».

Durant cette prise de parole de cinq minutes, Vladimir Poutine a également prévenu que des « actions décisives » seraient prises pour stabiliser la situation à Rostov, ville où se trouve le quartier général de l’armée russe que Prigojine affirme occuper.

« Ceux qui ont été emportés là-dedans, je vous appelle à mettre fin à vos actions criminelles », a insisté le maître du Kremlin.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait part à son homologue russe de son «plein soutien» face à la rébellion de Wagner, lors d’un entretien téléphonique, indique le Kremlin. Le président tchétchène Ramzan Kadyrov annonce envoyer ses hommes dans les «zones de tension» en Russie. «Nous ferons tout pour préserver l’unité de la Russie et protéger son statut d’État», a-t-il ajouté.

Poutine a appelé son allié biélorusse Loukachenko qui a déclaré que l’action de Prigojine est « un cadeau fait à l’Occident » puis s’est entretenu avec le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev pour évoquer la rébellion de Wagner. Ce dernier a estimé que «les évènements en cours sont une affaire interne à la Russie», en soulignant que «l’ordre constitutionnel et la primauté de la loi sont une condition indispensable pour maintenir l’ordre dans le pays», a précisé la présidence kazakhe.

    « Pas de trahison »

 Evguéni Prigojine a répondu au président russe qu’il a tort d’accuser le groupe Wagner de « trahison », et refusé de se rendre, après sa prise de contrôle revendiquée de la ville de Rostov-sur-le-Don, dans le sud du pays.

Vladimir Poutine « se trompe profondément » en accusant les combattants du groupe paramilitaire Wagner de « trahison », clame-t-il.

« Les Wagner sont des patriotes russes » qui sont entrés en rébellion contre les chefs de l’armée pour libérer le pays « de la corruption, du mensonge et de la bureaucratie », se justifie le chef du groupe paramilitaire.

Evguéni Prigojine assure par ailleurs que ses hommes ne « se rendront pas » comme l’a demandé un peu plus tôt le dirigeant russe lors d’une allocution télévisée.

« Personne ne va se rendre à la demande du président, des services de sécurité ou de qui que ce soit », a-t-il prévenu.

C’est la première fois qu’Evguéni Prigojine s’en prend personnellement au maître du Kremlin. Ce dernier a accusé le groupe Wagner de représenter une « menace mortelle » pour la Russie et a promis une réponse « implacable » contre les auteurs de la mutinerie.

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La rébellion armée du groupe Wagner illustre la faiblesse de la Russie, pays plongé dans « le mal et le chaos », a estimé le président ukrainien. Dans sa première réaction à l’action lancée par le chef de Wagner, le président ukrainien a noté que celui qui « choisit le chemin du mal s’autodétruit », faisant référence à Vladimir Poutine. Ce dernier « envoie des centaines de milliers de personnes à la guerre pour finalement se barricader dans la région de Moscou pour se protéger de ceux qu’il a lui-même armés », juge le chef d’Etat.

« La faiblesse de la Russie est évidente. Une faiblesse totale », a-t-il estimé dans un message sur les réseaux sociaux. « Il est tout aussi évident que l’Ukraine est capable de protéger l’Europe contre une contamination par le mal et le chaos russes ». « La Russie a utilisé la propagande pour masquer sa faiblesse et la stupidité de son gouvernement. Et maintenant, le chaos est tel que plus personne ne peut mentir à son sujet », a-t-il ajouté.

Les alliés de Kiev attendent d’en savoir plus pour prendre position, mais ils craignent les conséquences d’ un effondrement du régime et de la Fédération de Russie.

                      Prigojine, un criminel…

Evgueni Prigojine qui accuse l’armée russe d’avoir mené une offensive contre sa milice  et  appelle au soulèvement contre le commandement militaire du Kremlin, affirme disposer de « 25 000 » combattants et déterminé à marcher jusqu’à Moscou.

A l’époque soviétique, il a passé neuf ans en prison pour des délits de droit commun. Il sort en 1990, alors que l’URSS est en train de s’effondrer, et monte une affaire à succès de vente de hot-dogs. Il monte ensuite en gamme, jusqu’à ouvrir un restaurant de luxe qui devient l’un des plus courus de Saint-Pétersbourg, où Vladimir Poutine connaît en parallèle sa propre ascension politique.

Après l’accession en 2000 de l’ancien KGBiste à la présidence, le groupe de restauration de Prigojine officie au Kremlin, ce qui lui vaut le surnom de « cuisinier de Poutine » et la réputation d’être devenu milliardaire grâce aux contrats publics. C’est cet argent qu’il aurait donc utilisé pour fonder Wagner, armée privée d’abord composée de vétérans endurcis de l’armée et des services spéciaux russes. En 2018, alors que ce groupe, déjà remarqué en Ukraine, Syrie et Libye, est soupçonné de prendre pied en Afrique, trois journalistes russes enquêtant sur les affaires de la société paramilitaire sont tués en Centrafrique.

Nul ne sait quelles sont les intentions du patron de Wagner, mais il affirme notamment que la Russie l’a poussé à s’engager en Afrique puis l’a volé. Il remet aussi en question les raisons de l’intervention militaire en Ukraine.

« La guerre était nécessaire pour qu’un groupe de salauds soit promu », a-t-il déjà fustigé, accusant aussi « les oligarques » russes qui « avaient besoin de la guerre », alors que Kiev était selon lui « prêt à n’importe quel accord ».

Prigojine fait demi-tour

En début de soirée, Evgueni Prigojine a annoncé que ses troupes arrêtaient leur avancée vers Moscou et allaient rentrer dans leurs campements. Il a expliqué que les autorités voulaient dissoudre le 23 juin sa milice et qu’il avait alors entrepris son action. Aucune goutte de sang n’a été versée, mais maintenant -t-il dit, « la situation est telle que le sang russe pourrait être versé . C’est pourquoi, conscients de la responsabilité de l’un des camps dans l’effusion de sang russe, nous faisons demi-tour avec nos convois et retournons dans les camps de campagne conformément au plan établi ».

Peu avant, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a affirmé qu’il avait négocié avec Prigojine l’arrêt des mouvements de Wagner. Nul ne savait hier soir les termes de l’accord qui aurait été conclu.  La médiation biélorusse aurait été menée en accord avec le président russe, Vladimir Poutine, et a duré toute la journée, est-il précisé. « Ce qui est sur la table actuellement est parfaitement (…) acceptable pour dénouer la situation, avec des garanties de sécurité pour les combattants de Wagner » selon le canal Telegram officieux de la présidence biélorusse, Poul Pervogo. 

Quoi qu’il en soit, il apparaît que, politiquement, Vladimir Poutine a reçu un rude coup et que l’affaire, la rébellion, ne peut pas se terminer comme cela, comme s’il ne s’était rien passé.

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