Au moins dix personnes ont été tuées, dont quatre enfants et 61 blessées dans une frappe russe mardi contre un restaurant populaire de Kramatorsk, seule grande ville de l’est de l’Ukraine contrôlée par Kiev, ont annoncé mercredi les services de secours. Parmi les morts figurent trois enfants, a indiqué le Service d’urgence de l’Etat d’Ukraine sur Telegram. « Les sauveteurs fouillent les décombres du bâtiment détruit et recherchent des personnes qui se trouvent probablement sous les décombres », a-t-il ajouté.
La frappe a détruit le restaurant Ria Pizza, un établissement du centre de Kramatorsk apprécié par les journalistes et les militaires. Des médias ukrainiens ont évoqué la présence d’instructeurs militaires étrangers en ville.
Selon la police ukrainienne, la Russie a tiré deux roquettes sol-air S-300 sur cette ville qui comptait 150 000 habitants avant la guerre, et qui reste la seule grande agglomération encore sous contrôle ukrainien dans l’est du pays.
Le service de sécurité ukrainien (le SBU) ont annoncé avoir interpellé un agent recruté par les services spéciaux russes (GRU) chargé de confirmer qu’il y avait du monde dans la pizzeria au moment de la frappe. Il a transmis une vidéo de l’installation et des véhicules à proximité. « Il était notamment chargé de collecter des renseignements sur les bases et les mouvements des forces ukrainiennes à Sloviansk et Kramatorsk », écrit le SBU.
Trois personnalités colombiennes, le célèbre écrivain Hector Abad, l’homme politique Sergio Jaramillo et la journaliste Catalina Gomez, correspondante en Ukraine du quotidien El Tiempo, ont été légèrement blessées alors qu’ils mangeaient dans le restaurant avec l’écrivaine ukrainienne Victoria Amelina, selon un communiqué signé par MM. Abad et Jaramillo.
Que des cibles militaires…

Le Kremlin a affirmé ce mercredi ne frapper que des cibles militaires en Ukraine après la destruction du restaurant de Kramatorsk dans l’est.
« La Russie ne frappe pas des infrastructures civiles, elle frappe des installations qui sont liées d’une manière ou d’une autre à des infrastructures militaires », a indiqué aux journalistes le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov.
Le ministère russe de la Défense a lui indiqué avoir frappé à Kramatorsk un « point de déploiement temporaire » de la 56e brigade d’infanterie mécanisée des forces armées ukrainiennes.
Pas encore la contre-offensive

Alors que certains analystes occidentaux s’inquiètent de la lente progression de la contre-offensive, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiy Reznikov, a indiqué au Financial Times que son pays n’avait pas encore engagé l’essentiel de ses troupes dans la bataille.
« Lorsqu’elle se produira, vous le verrez tous […]. Tout le monde le verra », détaille M. Reznikov, réfutant la lenteur des progrès réalisés face aux fortifications russes. Il confirme que l’essentiel des réserves ukrainiennes, y compris les brigades formées par les Occidentaux et équipées de chars et de blindés modernes, n’est pas encore entré en action.
La contre-offensive a jusqu’à présent repris environ 300 kilomètres carrés à la Russie, selon le ministère de la défense britannique, soit le double de ce que Kiev a officiellement annoncé.
L’Otan prête à se défendre
L’Otan est prête à se défendre contre toute menace en provenance de « Moscou ou de Minsk », a affirmé mardi le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, après que le Bélarus a annoncé accueillir le patron de Wagner, Evguéni Prigojine.

M. Stoltenberg a indiqué que l’Otan allait décider de renforcer ses systèmes de défense lors d’un prochain sommet à la mi-juillet en Lituanie afin de protéger tous ses membres, particulièrement ceux ayant une frontière avec la Russie et le Bélarus.
« Il est trop tôt pour porter un jugement définitif sur les conséquences de l’installation de Prigojine au Bélarus et sur la très probable présence également au Bélarus d’une partie de ses forces », a déclaré M. Stoltenberg à la presse.
« Ce qui est limpide, c’est que nous avons envoyé un message clair à Moscou et à Minsk: l’Otan est là pour protéger chaque allié et chaque parcelle du territoire de l’Otan », a-t-il déclaré à La Haye après un dîner avec sept chefs d’Etat ou de gouvernement des pays de l’alliance.
« Il n’y a donc aucune place pour un malentendu à Moscou ou à Minsk quant à notre capacité à défendre les alliés contre toute menace potentielle », a-t-il poursuivi. Il a également insisté sur le fait que l’Occident « ne doit pas sous-estimer la Russie » malgré les événements chaotiques du weekend dernier.
