Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a visité l’île des Serpents, sur la mer Noire, où Kiev avait obtenu une victoire de prestige au début de la guerre avec la Russie, entrée samedi dans son 500e jour.
« Aujourd’hui, nous sommes sur l’île des Serpents, qui ne sera jamais conquise par l’occupant, tout comme le reste de l’Ukraine, parce que nous sommes le pays du courage », a déclaré le chef de l’Etat dans une vidéo non datée publiée ce samedi sur les réseaux sociaux.
« Je veux remercier ici, depuis ce lieu de victoire, chacun de nos soldats pour ces 500 jours », a déclaré M. Zelensky dans cette vidéo où on le voit arriver en bateau sur l’île et déposer des fleurs devant un mémorial.
Peu après le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, l’armée russe s’était emparée de cette île, caillou stratégiquement situé à quelques dizaines de kilomètres des côtes, où stationnait un petit contingent de soldats ukrainiens.
Le croiseur russe Moskva avait exigé leur reddition mais les soldats avaient refusé et intimé au navire « d’aller se de faire foutre » au cours d’un échange radio devenu culte sur internet et repris sur des timbres en Ukraine.
Les soldats ukrainiens avaient fini par être capturés avant d’être échangés avec des prisonniers russes. Le Moskva avait lui coulé dans la mer Noire après avoir été touché, selon Kiev, par des missiles ukrainiens. Moscou avait seulement évoqué une explosion à bord mais avait dû abandonner l’île en juin 2022.
Avec le patriarche de Constantinople
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en visite à Istanbul, a prié ce samedi au côté du patriarche orthodoxe Bartholomée pour les victimes de la guerre avec la Russie, entrée dans son 500e jour.

M. Zelensky, qui a rencontré vendredi soir le président turc Recep Tayyip Erdogan, s’est rendu samedi matin au siège du patriarcat œcuménique de Constantinople, sur la Corne d’Or à Istanbul, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Après une courte prière pour les victimes du conflit qui meurtrit l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe le 24 février 2022, les deux hommes se sont entretenus à l’écart des caméras.
« Notre combat dure depuis déjà 500 jours, depuis le début de l’invasion à grande échelle. Nous avons reçu ici le soutien de Sa Sainteté et des prières pour nos combattants, notre nation, notre peuple, pour la vie en Ukraine », a déclaré M. Zelensky à l’issue de l’entretien, se disant « très reconnaissant à Sa Sainteté d’être avec nous ».
Vendredi soir, le président Erdogan avait réitéré son soutien à son homologue ukrainien, affirmant que l’Ukraine « mérite » d’intégrer l’Otan.
Élu en 1991, le patriarche Bartholomée exerce une primauté honorifique et historique sur les autres patriarches du monde orthodoxe. Il est « premier parmi ses égaux »: cela ne lui donne pas le droit d’intervenir dans les affaires religieuses des autres Eglises orthodoxes, mais lui confère une préséance spirituelle et protocolaire.
Le patriarche, qui a reconnu en 2018 l’Eglise indépendante d’Ukraine, affirmait l’an dernier être devenu « une cible pour Moscou ».
Des morts à Lyman

Un bombardement russe ce samedi dans l’est de l’Ukraine a fait six morts, au 500e jour de la guerre, a annoncé le gouverneur ukrainien Pavlo Kyrylenko. Huit personnes ont été tuées et treize blessées dans ce bombardement sur la ville de Lyman, a précisé le gouverneur de la région de Donetsk sur les réseaux sociaux.
La ville de Lyman est un nœud ferroviaire. L’armée ukrainienne a déclaré dans son point quotidien qu’elle avait repoussé les tentatives d’assaut des troupes russes près de Lyman.
Deux personnes ont par ailleurs été tuées dans un bombardement ukrainien nocturne sur la ville d’Olechky, sous occupation russe, dans le sud de l’Ukraine, selon les services de secours locaux cités par l’agence de presse russe TASS.
Biden se justifie

Le président américain Joe Biden a confié avoir pris une « décision très difficile » en livrant des armes à sous-munitions à l’Ukraine, en justifiant cela par le fait que l’Ukraine est « à court de munitions ».
« Cela a été une décision très difficile pour moi », a déclaré le président Biden selon des extraits diffusés vendredi d’une interview accordée à la chaîne CNN, en précisant en avoir discuté au préalable avec les pays alliés et le Congrès américain.
« C’est une guerre de munitions. Et ils (les Ukrainiens) sont à court de munitions et nos stocks s’épuisent », a-t-il encore remarqué.
« Cela n’a pas été une décision facile », a-t-il poursuivi, en relevant que nombre de pays interdisent l’utilisation et la production des armes à sous-munitions dans le cadre de la Convention d’Oslo de 2008. Ni les Etats-Unis ni l’Ukraine ne sont signataires de cette convention.
« Cela m’a pris du temps avant d’être convaincu de le faire », a encore dit le président américain. « Le principal est que soit ils disposent de ces armes pour stopper maintenant les Russes (…) soit ils ne les ont pas. Et je pense qu’ils en ont besoin ».
Selon Jake Sullivan, conseiller américain à la Sécurité nationale, Kiev aurait pris des engagements sur l’utilisation de ces armes. Les Ukrainiens ont promis de minimiser « les risques posés aux civils », a-t-il précisé.
Pour les ONG, les armes à sous-munitions sont trop dangereuses, en particulier pour les populations civiles. Ces mini-bombes se dispersent et sont capables de couvrir une large superficie, de quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres.
Conçues pour exploser avant ou lors de l’impact, ces bombes peuvent aussi ne pas se déclencher lors de leur dispersion et rester enfouies dans le sol. Elles sont donc susceptibles de pouvoir toucher aléatoirement et aveuglement des civils. 98% des victimes de ces armes à sous-munitions seraient des civils.
