Près de 40% de la population souffre d’une « pénurie extrême de nourriture » dans la région éthiopienne du Tigré, ravagée par la guerre depuis bientôt 15 mois, a annoncé ce vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM).
Cette situation dramatique est aggravée par la réduction des activités humanitaires dans la région en raison des pénuries de carburant et d’un regain des combats qui limitent les possibilités d’acheminement de l’aide. Un peu plus tôt, le Bureau de coordination humanitaire de l’ONU (Ocha) a annoncé que les ONG humanitaires internationales avaient épuisé leur stock de carburant, se voyant contraintes de « délivrer à pied le peu de fournitures et de services humanitaires restants, dans la mesure du possible ».
Selon la dernière évaluation de la situation alimentaire réalisée par le PAM, 83% des Tigréens sont en situation d’insécurité alimentaire, parmi lesquels « 13% des enfants tigréens de moins de 5 ans et la moitié des femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition ». Région de six millions d’habitants, le Tigré est soumis depuis six mois à ce que l’ONU qualifie de « blocus de facto ».
