
Le théâtre romain de Carthage accueillera du 16 juillet au 19 août 2026, la 60ème édition du Festival international de Carthage, un anniversaire qui célèbre bien davantage qu’une longévité : une mémoire, une émotion et une fidélité sans cesse renouvelée entre les artistes et leur public.
Soixante années se sont écoulées depuis que les premières notes ont résonné entre les pierres millénaires de Carthage. Soixante étés durant lesquels les plus grandes voix du monde sont venues inscrire leur nom dans la pierre autant que dans les cœurs. Chaque édition a enrichi une histoire faite de rencontres, de découvertes et d’instants suspendus, donnant naissance à un patrimoine artistique qui dépasse les frontières.
Comment ne pas évoquer ces soirées devenues mythiques où Charles Aznavour faisait vibrer les gradins de son timbre inimitable ? Comment oublier la ferveur suscitée par Warda, la puissance solaire de Myriam Makeba, la délicatesse de Najet Essaghira ou la profondeur de Wadi Essafi ? Les accents d’Abdelwahab Doukali, la virtuosité du Ballet Caracalla, les envolées de Louis Armstrong, les harmonies bouleversantes de Ray Charles ou encore, la voix magistrale de Lotfi Bouchnak composent autant de fragments d’une fresque artistique qui continue de nourrir l’imaginaire collectif.
Le Festival international de Carthage n’a jamais été une simple succession de spectacles. Il est un lieu de transmission, où plusieurs générations se retrouvent, année après année, pour partager une même émotion. Pour cette édition anniversaire, le festival fait le choix de retrouver quelques-unes de ses étoiles. La scène de Carthage reverra ainsi la star libanaise Majda El Roumi, dont la voix semble dialoguer avec les pierres antiques, ainsi que la Syrienne Mayada Hennaoui, figure incontournable de la chanson arabe. Deux artistes dont la présence rappelle combien Carthage demeure un écrin privilégié pour les grandes voix du monde arabe.
La Tunisie sera elle aussi célébrée avec éclat. La chanson tunisienne occupera le devant de la scène, portée notamment par la grande Amina Fakhet, dont la puissance vocale et la sensibilité incarnent une tradition musicale profondément ancrée dans l’identité culturelle du pays. Quel bonheur de la retrouver une fois de plus sur la scène de Carthage !
Par contre, J’ai été profondément déçue par la programmation de l’« artiste » de cabaret libanaise au nom d’Elyssa dans un festival qui s’est bâti au fil des années, une réputation d’excellence et d’exigence artistique. Or, le choix d’Elyssa donne l’impression d’un décalage avec les standards auxquels le public est habitué. Franchement, un vrai gâchis pour les caisses de l’Etat et la bourse des citoyens.
Sinon, Héritier d’une prestigieuse tradition, le festival de Carthage continue de faire dialoguer les civilisations, les générations et les sensibilités artistiques sous le ciel de cette ville mythique. Si certains festivals programment des spectacles. Carthage, lui, écrit depuis soixante ans une histoire. Et cet été encore, les pierres du théâtre romain s’apprêtent à en recueillir un nouveau chapitre.
Que la fête commence !





