Samedi, lors d’un rassemblement de l’extrême droite européenne, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national s’affichait en vainqueur : « Notre victoire à la prochaine présidentielle est proche et nous sommes en train de nous préparer à dire adieu à Macron ». Le lendemain, Bruno Retailleau annonçait que les adhérents des LR l’avaient désigné, à 73,8% comme leur candidat à cette élection qui aura lieu au printemps 2027. Ce lundii, Bardella a déjeuné avec le Medef, le mouvement des entreprises de France. Le 7 avril, Marine Le Pen avait dîné avec des grands patrons du CAC 40.
Pour l’instant, les Français, préoccupés par les prix de l’essence et bientôt des objets en plastique, comme leurs bouteilles d’eau, ne s’intéressent guère à l’élection qui donnera un successeur à Emmanuel Macron, mais les médias vont leur offrir un long feuilleton rempli de rebondissements et de promesses. La course est lancée avec une trentaine de partants, candidats déclarés ou potentiels.
Les uns réclament une primaire, les autres la refusent ou souhaitent d’abord l’élaboration d’un programme commun. Tous ou presque sont conscients que trop de candidats du même bord conduira inéluctablement à la défaite, mais chacun espère que les mois qui viennent montreront qu’il est le meilleur. Aucun des prétendants issus de ce que l’on appelle le bloc central ne se revendiquera de l’héritage du président sortant. Au contraire, ils font déjà valoir leur « droit d’inventaire » : « N’est-ce pas cela l’attitude de la raison ? N’est-ce pas cela l’attitude de l’esprit critique et de l’esprit de progrès ? » avait déclaré Lionel Jospin le 9 avril 1995 qui briguait la succession de François Mitterrand. L’ancien Premier ministre Gabriel Attal, qu’Emmanuel Macron voyait comme son « petit frère » suit la voie du socialiste et déclare dans Le Point de cette semaine qu’« il faut changer radicalement notre façon d’exercer le pouvoir ». Et il ajoute : « je pense savoir comment il faut gouverner la France » Il n’est d’ailleurs pas le seul, Michel Barnier, éphémère Premier ministre, se pense, lui aussi, « capable d’être président ». Tout comme Wauquiez, Darmanin, Villepin, Glucksmann, Faure, Roussel, Tondelier, Bertrand, Lisnard, Hollande et bien sûr Mélenchon et même Michel Edouard Leclerc pour ne citer qu’eux…
Finalement, les candidats du même camp seront peut-être départagés, choisis par les sondages. Adoubé par les siens, Retailleau a bien du chemin à faire, il ne recueille que 7 à 10% des intentions de vote. A droite, Edouard Philippe reste le seul qui battrait le candidat ou la candidate du Rassemblement national.
A suivre…
