Par 408 voix contre 87 et 53 abstentions, les députés ont largement approuvé le projet de loi de programmation militaire mercredi. Outre la majorité présidentielle, et après une longue période d’incertitude, Les Républicains se sont ralliés au texte : les 61 députés présents en hémicycle ont voté pour.
Idem pour le Rassemblement national (RN), où tous les députés présents ont voté en faveur du texte.
La coalition des gauches, mieux connue sous le nom de NUPES, s’est quant à elle scindée en deux : tandis que le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) et le groupe Gauche démocrate et républicaine (Communistes) votait contre sans équivoque, écologistes et socialistes faisaient le choix de l’abstention.
La LFI n’avait pas fait mystère de son opposition au projet de loi : en mai, elle publiait un contre-projet pour dénoncer la vision « occidentaliste » du gouvernement et mettre en avant « une politique indépendante hors de l’OTAN au service de la paix ».
L’effort prévu sur sept ans (2024-2030) est colossal – 413 milliards d’euros – et en augmentation de 40 % par rapport à la loi de programmation militaire précédente (2019-2025).
Le budget annuel des Armées va croître progressivement pour atteindre 68,9 milliards en 2030.
Malgré l’adoption massive, de nombreuses critiques ont pointé le fait que des objectifs de nouvelles acquisitions sont revues à la baisse, par exemple concernant les frégates, les blindés et les avions de chasse Rafale.
La dissuasion nucléaire, quant à elle, bénéficie d’un investissement de plus de 50 milliards d’euros en raison du renouvellement de composantes navales, aériennes et aéronavales, et l’investissement dans de nouveaux équipements (sous-marins lanceurs d’engins et missiles nucléaires). De même, les domaines du renseignement, de la cyberdéfense, des drones, de la surveillance de l’espace bénéficient d’un budget en hausse.
Les équipements fournis à l’Ukraine n’entrent pas dans le budget en tant que tel, qui prévoit néanmoins une dépense de 16 milliards d’euros pour renouveler les stocks de munitions. D’autres dépenses visent à stabiliser et fidéliser les effectifs civils et militaires des Armées françaises.
