Abderrahim Sayah, ex-responsable algérien d’une mosquée du Nord fermée en 2018 pour apologie d’actes de terrorisme, considéré par la préfecture comme un « leader du salafisme » dans le bassin de la Sambre, a été expulsé vers l’Algérie, a annoncé la préfecture.
Arrivé à l’âge de 5 ans en France, où il a six enfants français, M. Sayah avait fondé l’association cultuelle « Assalem » en 2014, ouvrant via cet intermédiaire la mosquée « As-Sunnah » de Hautmont.
Ce lieu de culte, « connu pour dispenser un islam salafiste wahhabite », avec des prêches prônant « le jihad armé » et « la violence » envers les juifs et les chrétiens, avait été fermé en 2018, rappellent les services de l’Etat dans l’arrêté d’expulsion, consulté par l’AFP.
Lors d’une audience en septembre devant la commission d’expulsion du tribunal de Lille, la préfecture avait pointé les liens de M. Sayah avec des personnes radicalisées – dont un jihadiste d’Hautmont présumé mort en Irak – des prêches prononcés en 2017 et 2018 en sa présence par l’imam de la mosquée, dont l’un prônant de « détester les juifs », ou encore la poursuite d’un « prosélytisme actif ».
M. Sayah « est considéré depuis 2016 comme le leader du salafisme sur le bassin de la Sambre ». Il « a pris une part active dans les faits ayant justifié la fermeture du lieu de culte » et « contribué » à la « radicalisation » d’un quartier de Maubeuge, argue encore l’arrêté.
Devant la commission, M. Sayah avait démenti toute relation avec les personnes radicalisées citées, estimant que l’Etat n’avait « pas de preuves ». Il s’était posé en « homme de paix ».
