« Je pense que ça tiendra, ils en ont tous marre de se battre » commentait Donald Trump en octobre dernier lors de la signature de l’accord de cessez-le -feu entre Israël et le Hamas. « Nous avons actuellement quelques petits points chauds, mais ils sont très petits… Ils seront très faciles à éteindre. Ces incendies seront très rapidement maîtrisés », ajoutait-il. Tout a continué à brûler, les frappes quasi quotidiennes ont fait au moins 1214 morts et deux millions de Gazaouis vivent quasiment comme des prisonniers de Tsahal qui, sur ordre de Benjamin Netanyahou n’a cessé d’augmenter son emprise sur la bande de Gaza, plus de 70% au lieu de 50%. Hier encore, quatre personnes dont deux enfants ont été tuées. L’aide, contrôlée par Israël, demeure largement insuffisante.
Aucun progrès en dix mois et Trump, en difficultés iraniennes et intérieures, sort la deuxième étape de son plan de paix en 20 points avec ses hyperboles habituelles : un accord « historique », une « étape fondamentale vers une PAIX et une SÉCURITÉ durables »…
Même si l’on sait que les déclarations victorieuses du président américain sont souvent démenties par les faits, l’accord constitue un espoir. Le Hamas, de plus en plus abandonné par les Gazaouis, a fait des concessions pour ne pas perdre tout contrôle politique tant dans l’enclave qu’en Cisjordanie. Le Premier ministre de l’Etat hébreu a dû se soumettre à la volonté de Trump lors de leur discussion « extrêmement positive » à la Maison Blanche.
Espoir, mais aussi doutes et interrogations. Les deux parties ne sont pas sur la même ligne : désarmement et retrait doivent aller de pair selon le Hamas, le désarmement doit précéder le retrait selon Tel Aviv. Et quelles armes seront remises à qui ? Des discussions doivent avoir lieu au Caire pour préciser calendrier et modalités. Elles dureraient une quinzaine de jours puis il faudrait jusqu’à 350 jours pour appliquer l’accord. Tout peut donc arriver.
Une seule chose apparaît claire : Netanyahou et ses extrémistes ne veulent pas lâcher Gaza et poursuivront la colonisation, l’accaparement de la Cisjordanie.
