Du déjà vu entre espoir et menaces, mais on se pose la question : cette fois sera-t-elle enfin la bonne ? Marco Rubio, la secrétaire d’Etat américain était optimiste hier soir : « il est possible que le monde reçoive une bonne nouvelle dans les prochaines heures ». Son patron évoquait un compromis « largement négocié » et l’Iran confirmait qu’il était « en cours de finalisation ». Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif espérait « accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations ».
Attention, il ne s’agit pas d’un accord définitif, mais d’un protocole concernant des négociations de fond. Selon Axios et d’autres médias américains, le détroit d’Ormuz serait rouvert, des actifs iraniens dégelés et les négociations reprendraient pour une période 30 à 60 jours. Les questions du nucléaire et des missiles seraient discutées plus tard, celle du Liban reste en suspens.
C’est du 50-50, estimait Donald Trump qui, fidèle à ses habitudes, menaçait l’Iran, si l’accord n’était pas conclu, de le faire « exploser jusqu’à la fin des temps ». De son côté, Mohammad Bagher Ghalibaf, promettait une réponse « écrasante » si les États-Unis reprenaient leur guerre contre l’Iran.
Dans un message sur Truth Social, le président américain indiquait qu’il s’était entretenu au téléphone avec de nombreux dirigeants d’États du Golfe, mais aussi d’Israël, de Turquie, d’Égypte, de Jordanie, du Pakistan et de France. Tous demandeurs d’une solution négociée. Sauf, sans doute, Benjamin Netanyahou qui plaiderait pour de nouvelles frappes.
Cependant, l’optimiste était quelque peu refroidi par Téhéran où certains pensaient qu’il fallait encore deux ou trois jours pour finaliser le compromis. La presse américaine commençait aussi à douter. Que veut dire ouverture du détroit ? Retour au statu quo ante selon Washington ou maintien de la souveraineté iranienne, selon les gardiens de la révolution ? Axios souligne que l’accord peut encore « capoter ». Si la « bonne nouvelle » arrive, c’est aussi que Trump aura « lâché » certaines de ses exigences, ce que des élus républicains lui reprochent déjà.
