La Chine, bien que « partenaire » de l’Allemagne, agit « à l’encontre de nos intérêts et valeurs », déplore le gouvernement d’Olaf Scholz dans sa Stratégie nationale de sécurité dévoilée ce mercredi 14 juin.
« La Chine tente par différents moyens de remodeler l’ordre international existant basé sur des règles, revendique de plus en plus offensivement une suprématie régionale et agit sans cesse en contradiction avec nos intérêts et nos valeurs », estime le gouvernement allemand dans ce document de près de 80 pages, présenté par le chancelier Olaf Scholz et des ministres de son gouvernement.
« La Chine est un partenaire, un concurrent et un rival systémique. Nous constatons que les éléments de rivalité et de concurrence ont augmenté ces dernières années », note le document, négocié durant des mois au sein de la coalition au pouvoir en Allemagne.
Ce document, moins ambitieux qu’initialement prévu par les trois partis de la coalition dans leur contrat de gouvernement, dresse un panorama des enjeux de sécurité, des relations avec Moscou et Pékin à la cybersécurité, en passant par les menaces que fait peser le réchauffement climatique.
« La sécurité au XXIe siècle, c’est obtenir de manière fiable des médicaments vitaux à la pharmacie. La sécurité, c’est ne pas être espionné par la Chine lorsque l’on discute avec des amis ou ne pas être manipulé par des robots russes lorsque l’on navigue sur les réseaux sociaux », a résumé la cheffe de la diplomatie allemande, l’écologiste Annalena Baerbock, lors de la présentation du document.
Une délégation de responsables chinois menée par le Premier ministre Li Qiang est attendue à Berlin la semaine prochaine pour des consultations gouvernementales germano-chinoises.
Premier partenaire économique de l’Allemagne et marché vital pour son puissant secteur automobile, la Chine a longtemps été ménagée par Berlin, qui a toutefois durci le ton depuis plus d’un an.
