Il ne semble pas se rendre compte de la situation, du ressenti des Américains à moins de deux mois des élections de mi-mandat qu’il devrait perdre. Il est persuadé qu’en se mettant en avant, il va les gagner. Hier soir à Dallas, lors d’un « événement unique, véritablement sans précédent », il a vanté son extraordinaire bilan et dit aux électeurs ce qu’il faut faire pour remporter la victoire : « Faites comme si mon nom était sur le bulletin de vote, s’il vous plaît, venez et votez ». Et il leur a fait une promesse folle qu’aucun autre que lui ne pourrait imaginer : 5000 dollars donné à chaque adulte si les Républicaines gardent le Sénat et la Chambre des représentants. Ce « dividende Trump » comme il l’appelle coûtera au moins 1 200 milliards. Il n’a pas précisé comme il financerait cette largesse. Sur ses fonds propres car il ne cesse de s’enrichir profitant de sa fonction : au moins 2,2 milliards de dollars (1,93 milliard d’euros) en 2025, soit trois fois plus que les 622 millions de dollars de l’année de son élection. Mais ce n’est pas son genre…
Au cours des jours précédents, Donald Trump avait tweeté sans répit des énormités que l’on pourrait attribuer à un esprit dérangé. Il a publié une carte de son Amérique qui englobe le Canada, le Mexique, les Caraïbes, la Guadeloupe, la Martinique, l’Islande, le Groenland… et proposé d’appeler le Nouveau Mexique Nouvelle Amérique car « c’est tellement plus prestigieux et plus beau ».

Il a écrit que la Lune appartenait aux Etats-Unis et présenté un uniforme fasciste pour ses « Space Forces » inspiré du film Starship Troopers, de Paul Verhoeven, une satire contre le fascisme, ce qu’il n’a manifestement pas compris. Il a aussi menti sur le 11 septembre, racontant comment il a vécu ce jour terrible : «J’étais en train de construire un grand bâtiment à New York et j’ai emmené toute l’équipe sur place juste après que ce soit arrivé(…) le building craquait et nous pensions qu’il allait nous tomber dessus. Deux pompiers, des mecs grands et costauds, et je ne suis pas petit moi-même, m’ont littéralement empoigné par le bras et m’ont dit : « Il faut partir d’ici, Ils m’ont soulevé et ils ont commencé à courir»… Accusé par la presse de mentir, il a corrigé : «J’étais sur place, bien sûr pas le jour même de l’effondrement, mais peu de temps après, en compagnie d’un grand groupe d’ouvriers du bâtiment»… Il voulait faire un discours à New York après-demain ce qui a été refusé car seules les familles des victimes s’expriment pendant la cérémonie à «Ground Zero». Il parlera au Pentagone, près de Washington. Quels propos déplacés tiendra-t-il?
Donald Trump croit-il que sa popularité au plus bas va remonter ? Il est toujours persuadé d’être le meilleur. Il ne réfléchit pas, se fie à son instinct, dit de qui lui vient à l’esprit quitte à se contredire peu après. D’un autre que lui, on dirait qu’il délire. Avec lui, on se contente de constater que Trump fait du Trump et on ne le prend pas vraiment au sérieux. Toutefois, et il faut le répéter, il est à la tête de la première puissance du monde. D’un monde qu’il déséquilibre, déstabilise. Voir le prix de l’essence….
