Le 17 mai dernier, au lendemain de l’élimination d’Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, tué lors d’une frappe aérienne à Gaza, le Premier ministre israélien déclarait : « J’ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d’otages serait éliminé jusqu’au dernier, et nous sommes très proches d’achever cette mission ». Benjamin Netanyahou se montrait un peu trop « optimiste » car la liquidation de tous les participants aux massacres barbares et honteux du 7 octobre 2023 se poursuit et se poursuivra même si l’Etat hébreu accepte un accord de paix à Gaza.
Les Forces de défense israéliennes et le Shin Bet ont reconnu il y a quelques jours qu’une opération spéciale a été mise en place avec une unité dédiée à traquer et éliminer chaque Palestinien impliqué. Cette unité surnommée Nili, un acronyme en Hébreu d’origine biblique, qui signifie «l’Éternel ne ment jamais», autrement dit ne pardonne pas, agit dans l’ombre et sans pitié depuis près de trois ans.
Une « kill list » a été établie grâce à l’examen de toutes les données recueillies et aussi avec l’aide de l’intelligence artificielle. Un programme nommé Lavande recensait les Palestiniens à éliminer puis un second, « où est papa » les situait chez eux, en famille… Cette liste comprend environ 5 000 noms. 2800 ont été rayés, 300 arrêtés. La « chasse » durera le temps qu’il faudra et un responsable du ministère israélien de la Défense affirme que «les terroristes ne perdent rien pour attendre, cela prendra sans doute du temps, mais nous les éliminerons». Ceux qui vivent à l’étranger, en Turquie ou au Qatar, sont, pour l’instant épargnés pour des raisons diplomatiques et en raison de pressions américaines. Ils ne seront pourtant jamais oubliés par les services israéliens. Souvenez-vous : la traque organisée après le meurtre de 11 athlètes israéliens par «Septembre noir» lors des Jeux Olympiques de 1972 à Munich avait duré plus de 20 ans. Une douzaine de Palestiniens et de ressortissants de pays arabes avaient été assassinés, dont quatre à Paris et d’autres à Rome, Nicosie, Athènes, Beyrouth et Tunis.
Israël revendique le droit de se faire justice et estime que ces éliminations ne constituent pas des exécutions extrajudiciaires car les personnes ciblées constituent une « menace imminente pour les troupes » de Tsahal qui occupent 70% de Gaza.
A Tel Aviv, certains pensent qu’il faudrait agir de la même façon en Iran.
