Le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel (PS), a dénoncé ce mardi 4 juillet les propos «faux» et «stigmatisants» du président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. Celui-ci avait notamment déclaré dans la matinée que «le premier employeur» du département était «le trafic de drogues», en réponse aux difficultés socio-économiques de la banlieue et à la flambée de violences depuis la mort de Nahel.
Dans une lettre ouverte, Stéphane Troussel a déploré que «par ces propos tout aussi faux que stigmatisants, il met à mal des années d’efforts pour améliorer la vie et l’image des quartiers populaires, de la part de tous les acteurs et toutes les actrices de terrain dans nos banlieues». «Le premier employeur de Seine-Saint-Denis, c’est la puissance publique. Ce sont les soignants, les enseignants, les forces de l’ordre, les pompiers et tous les agents des services publics. Ce sont les “premières et premiers de corvée” que cette élite déconnectée, incarnée par le patron du Medef, était elle aussi bien contente d’applaudir pendant la crise sanitaire (du Covid)», a critiqué Troussel.
Sur France Inter ce mardi matin, le patron des patrons avait fait une violente sortie de route : «Il y a une économie parallèle en banlieue. Il faut dire ce qui est : le premier employeur de la Seine-Saint-Denis, c’est probablement le trafic de drogues», a-t-il déclaré.
Roux de Bézieux a fait machine arrière quelques heures plus tard, dans un message publié sur Twitter : «Cette phrase était caricaturale. Je la regrette car elle a pu blesser les habitants du 93. Comme je le dis après dans l’interview, la majorité silencieuse travaille et souffre de cette économie souterraine», a réagi le patron du Medef sur Twitter après l’indignation suscitée par ses propos.
