Après qu’Israël a ordonné l’évacuation de « tous les civils » de la ville de Gaza dans les 24 heures « pour leur propre sécurité et protection », de nombreuses organisations ont demandé à l’État hébreu de revenir sur sa décision vendredi.
Au septième jour du conflit, l’armée israélienne affirme avoir mené des incursions au sol dans la bande de Gaza et se préparer à une offensive terrestre en représailles à l’attaque sanglante lancée par le Hamas le 7 octobre dernier.
« Ce n’est que le début » des opérations israéliennes à Gaza, a prévenu le premier ministre Benjamin Nétanyahou vendredi.
Le Hamas a refusé cet ordre d’évacuation. « Notre peuple palestinien rejette la menace des dirigeants de l’occupation et ses appels à quitter leurs maisons et à fuir vers le sud ou l’Égypte », a-t-il déclaré.
Des flots de civils ont tout de même quitté le nord de ce territoire de 362 kilomètres carrés pour essayer de trouver refuge dans le sud de la bande de Gaza. Par milliers, portant leurs baluchons, ils ont fui par tous les moyens, à pied, entassés sur des remorques, sur des charrettes, à moto, en voiture, à travers les rues jonchées de débris, bordées d’immeubles en ruines.
Un ordre contesté
Les appels se multiplient à travers le monde pour qu’une « catastrophe humanitaire » soit évitée, après l’appel lancé par Israël à évacuer la partie nord de la bande de Gaza, qui concerne environ 1,1 million d’habitants du nord du territoire, sur un total de 2,4 millions.
Le président américain, Joe Biden, a assuré que « la crise humanitaire » à Gaza était une priorité pour lui, tandis que plusieurs ONG ont demandé l’ouverture de couloirs humanitaires pour venir en aide aux civils.
L’ONU a demandé à Israël de reconsidérer sa demande d’évacuation, estimant qu’il était impossible de procéder à une telle évacuation dans le temps imparti. « Nous appelons fortement à ce qu’un tel ordre soit annulé, pour éviter de transformer ce qui est déjà une tragédie en une situation calamiteuse », a affirmé Stéphane Dujarric, un porte-parole de l’ONU.
Une évacuation massive du nord de Gaza serait « catastrophique » pour les patients des hôpitaux, les hôpitaux du sud étant déjà au maximum de leur capacité, a aussi estimé vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’Arabie saoudite a aussi déclaré rejeter « catégoriquement » tout déplacement de la population de Gaza, condamnant le bombardement de « civils sans défense », sa critique la plus vive faite à l’égard d’Israël depuis l’attaque lancée par le Hamas.
Plus de 423 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs domiciles dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre, a indiqué vendredi l’ONU, qui a lancé un appel d’urgence aux dons à hauteur de 294 millions de dollars pour venir en aide aux habitants de Gaza et de la Cisjordanie occupée.
