A la demande de la France, qui considère que « rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud Liban », une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU devait se tenir ce lundi. Que pouvait-on en attendre ? Aucune décision de portée réelle sur la fin de la guerre car, pour l’instant les Etats-Unis soutiennent toujours Israël. Et l’Etat hébreu, qui intensifie encore ses attaques, ne respecte pas les résolutions onusiennes et vient même de suspendre ses relations avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, condamnant sa décision « honteuse et absurde » d’inscrire le pays sur la « liste noire » liée aux violations sexuelles durant les conflits, des accusations documentées.
Même sans résultat majeur, une telle réunion du Conseil de sécurité a le mérite de condamner une fois de plus aux yeux du monde le comportement de l’Israël de Netanyahou. Certes, le Hezbollah, création aux ordres des gardiens de la révolution islamique iranienne, porte atteinte au Liban et doit être désarmé. Il n’est d’ailleurs pas soutenu par tous les chiites.
Il ne peut l’être par l’Etat libanais ni par son armée qui n’en a pas les moyens et ne veut pas risquer un conflit interne. Il ne peut pas non plus l’être par cette guerre car on n’arrête pas les conflits en frappant. Evidemment Benjamin Netanyahou le sait, mais il a besoin de poursuivre sa guerre. En échec partout, de Gaza à l’Iran, il perdra les prochaines élections ce qui pourra le conduire en prison en raison de ses procès actuels et pour sa responsabilité dans les massacres du 7 octobre 2023. Il fait donc durer pour espérer…
Le Premier ministre israélien, plus ou moins en cours de divorce avec le président américain, est également conscient que ce dernier court après un « triomphe » en Iran qui lui permettrait d’arrêter la guerre et donc de lui imposer un accord avec le Liban. Il veut donc profiter du temps qui lui reste pour aller le plus loin et le plus fort possible
Demain et mercredi, Israéliens et Libanais se retrouvent à Washington pour de nouvelles négociations. Toujours sans le Hezbollah à qui les Etats-Unis demandent de mettre fin à toutes ses attaques.
Dans ces conditions et quand on sait que l’Iran a encore été frappé, on a du mal à comprendre comment le président français a pu saluer « les efforts déterminés » de Trump pour mettre fin à la guerre…
