Libye
RSF classe la pays à la 143e place avec ce commentaire : La Libye est un véritable trou noir de l’information. La plupart des médias et reporters fuient le pays. Ceux qui restent tentent d’assurer leur sécurité en travaillant sous la protection d’un des belligérants, et les journalistes étrangers n’ont plus la possibilité de couvrir les événements. Parties prenantes du conflit, les médias classiques ne jouent plus leur rôle pour assurer une information libre, indépendante et équilibrée reflétant les véritables enjeux de la société libyenne et plus particulièrement les aspirations des jeunes. Ces derniers trouvent dans les médias sociaux un espace de dialogue ouvert, mais propice à la radicalisation et la diffusion de discours de haine. Plusieurs initiatives sont toutefois en train d’émerger pour tenter de faire naître un nouveau modèle médiatique plus indépendant (…) Les journalistes, eux, sont souvent contraints de se plier aux partis pris des médias pour lesquels ils travaillent, entraînant une désinformation chronique alors que la corruption est une pratique répandue. Dans l’Est, ils sont soumis au pouvoir du général Khalifa Haftar et aucun média ne peut critiquer les militaires.
Liban
RSF classe le pays du cèdre à la 130e place avec ce commentaire : Alors que les médias pensaient en avoir fini avec les figures médiatiquement intouchables lors de la révolution d’octobre en 2019, la pression politique est plus forte que jamais. Il existe une réelle liberté de ton dans les médias libanais, mais le marché est en réalité contrôlé par quelques individus directement affiliés à des partis ou appartenant à des dynasties locales. Les chaînes les plus influentes sont LBCI, Al Jadeed et MTV, propriétés respectives des familles Daher-Saad, Khayat et Murr. Al Manar est la chaîne officielle du Hezbollah. Le paysage médiatique se caractérise par la mainmise des partis politiques sur les médias, qui dépendent des investisseurs, et reflète la structure politique libanaise. On retrouve dans la presse les divergences politiques et communautaires du pays, comme la tutelle confessionnelle qui pèse sur les médias. Le journalisme s’est ainsi transformé en arme à part entière du conflit politique (…) Les médias souffrent de la crise financière historique que traverse le pays. L’explosion du port de Beyrouth, en août 2020, les a contraints à procéder à d’énormes coupures budgétaires, tant dans leurs activités que dans leurs effectifs. Bon nombre de journalistes et rédactions basés dans la capitale et touchés par l’explosion dépendent des aides internationales pour se relever et faire face à la crise. Aujourd’hui, les pénuries d’essence et d’électricité les empêchent de se rendre sur le terrain.
L’Égypte est l’une des plus grandes prisons au monde pour les journalistes, classé 163e. Les espoirs de liberté portés lors de la révolution de 2011 semblent désormais bien lointains. Le pluralisme est quasiment nul en Égypte. Al-Akhbar, Al-Ahram et Al-Gomhuria sont les trois quotidiens nationaux les plus populaires parmi ceux détenus par l’État. Les médias indépendants sont censurés, visés par des poursuites judiciaires. Quant à la télévision et la radio, leur popularité les a enfermées dans un rôle de relais de la propagande politique. La quasi-totalité des organes de presse sont aux ordres, directement contrôlés par l’État, les services secrets ou quelques riches hommes d’affaires influents à la botte du pouvoir. Face à eux, les médias qui refusent de se soumettre à la politique de la censure sont bloqués, comme le site d’information indépendant Mada Masr, inaccessible en Égypte depuis 2017. L’Égypte est un pays conservateur, dirigé à la fois par l’armée et la sphère religieuse. Les sujets traitant des droits des athées ou des homosexuels sont particulièrement sensibles, et les médias qui les abordent peuvent être accusés de publication « contraire à la morale du pays » .Censure, perquisitions, fermetures de bureaux, arrestations, faux procès, disparitions forcées ou encore détentions arbitraires sont le quotidien des journalistes en Égypte. Il n’est pas rare d’assister à des campagnes de diffamation à leur encontre, et la surveillance est omniprésente. Des autorisations sont nécessaires pour se rendre dans certaines zones, comme le Sinaï et le canal de Suez.
