La mission des Nations Unies en Libye a exprimé, lundi, son inquiétude face aux informations faisant état d’arrestations arbitraires de migrants et d’étrangers à travers le pays.
« Nous sommes préoccupés par les nombreuses arrestations arbitraires de migrants et de demandeurs d’asile à travers le pays », a déclaré la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), dans un communiqué.
La mission a accusé les autorités libyennes d’avoir arrêté des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants « dans les rues et à leur domicile ou à la suite de raids sur des camps et des entrepôts de trafiquants présumés ».
« Beaucoup de ces migrants, y compris des femmes enceintes et des enfants, sont détenus dans des conditions insalubres et de surpeuplement », indique la déclaration, ajoutant : « Des milliers d’autres, y compris des migrants entrés légalement en Libye, ont été expulsés collectivement sans examen préalable ni procédure régulière ».
La mission de l’ONU a précisé que les arrestations arbitraires s’accompagnaient d’une « augmentation inquiétante des discours de haine et des discours racistes contre les étrangers dans les médias et sur Internet ».
La MANUL a appelé les autorités libyennes à « mettre fin à ces agissements et à traiter les migrants avec dignité et humanité, conformément à leurs obligations internationales ».
« Les autorités libyennes doivent permettre aux agences de l’ONU et aux organisations non gouvernementales internationales d’accéder sans entrave aux détenus nécessitant une protection urgente », peut-on lire dans le communiqué de la mission de l’ONU.
En avril, un groupe d’enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a déclaré qu’il existait des preuves de crimes contre l’humanité commis à l’encontre de ressortissants libyens et de migrants se trouvant dans le pays, notamment contre des femmes contraintes de se soumettre à l’esclavage sexuel.
