Faudra-t-il dire merci à Donald Trump, l’homme qui attaque sans cesse l’écologie et répète que le changement climatique est une grande arnaque ? En effet, alors qu’il ne célèbre que le pétrole voire le charbon, sa volonté de bloquer le détroit d’Ormuz peut être pendant des mois a fait monter le cours du baril de brut à plus de 125 dollars contre 60 avant sa guerre et relancé la vente des voitures électriques.
Sa politique hésitante et variable aux objectifs changeants favorise ses « ennemis ». La Russie peut vendre davantage de pétrole au prix fort et la Chine, leader dans le domaine des voitures électriques, se réjouit des chiffres de ses ventes et des perspectives en Europe et en Asie, même si du fait de la forte concurrence interne, le constructeur BYD a vu son bénéfice net chuter de plus de moitié.
Non, restons sérieux et regrettons plutôt les errements trumpiens qui menacent l’économie mondiale et affectent la vie quotidienne de tous, y compris de ses chers MAGA. Il croyait, avec Israël, pouvoir mettre l’Iran à genoux en quelques jours. Un échec et même une « humiliation » selon le chancelier allemand Friedrich Merz. Pourtant très affaibli, l’Iran des gardiens de la révolution qui ont pris le pouvoir, et non plus des mollahs, résiste et menace, le guide suprême Mojtaba Khamenei allant même jusqu’à parler de « défaite honteuse » et d’« un nouveau chapitre qui s’ouvre » pour le Golfe et le détroit d’Ormuz. Des propos outranciers, irréels qui soulignent cependant un certain désarroi du président américain qui ne sait toujours pas comment terminer sa guerre. Blocus prolongé, nouvelles frappes, concessions en vue d’accord ? On verra, comme dit Trump…
Ce qui est sûr, c’est que les Iraniens souffrent, subissent. Répression accrue, prix qui s’envolent, chômage, Amérique qui les oublie… Le premier objectif de cette guerre n’était-il pas de les libérer : le 13 janvier, il écrivait, avec des majuscules : « patriotes iraniens, continuez à manifester, l’aide arrive ». Mardi, il publiait un photo-montage le montrant portant un fusil d’assaut au milieu d’un décor de guerre, avec ce commentaire : « FINI DE JOUER LES GENTILS !». Gentil, sait-il ce que cela veut dire ?
