Samedi, « ils cédaient tout et, une heure après, ils ont frappé un navire avec un drone » rapporte Donald Trump qui apparaît un peu perdu, déboussolé par le comportement des Iraniens qu’il n’arrive pas à déchiffrer. Le dealmaker qui cherche des résultats immédiats ne comprend pas la diplomatie patiente et obstinée des iraniens. Forcé de réagir pour maintenir son narratif de vainqueur, il reprend et multiplie les frappes.
Le cessez-le-feu est terminé, mais rien n’indique que l’on se dirige vers une troisième guerre. On assisterait plutôt à des frappes limitées, à des intimidations pour faire plier l’autre. Le protocole d’accord est tellement mal rédigé qu’il permet des interprétations divergentes sur la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, point aujourd‘hui crucial, capital plus que le nucléaire. Liberté totale selon Washington, oui répond Téhéran, mais sur les routes imposées par les gardiens de la révolution qui taxeraient les bateaux de 0,5% à 1% de la valeur de leur cargaison… Et Téhéran, qui a le temps et peu de souci de sa population, avertit les Etats-Unis considérés comme les seuls coupables : « chaque fois que l’autre partie a manqué à ses obligations, nous n’avons pas respecté les nôtres. Nous continuerons d’agir de la même manière ». Cependant, durs et pragmatiques, ils ne veulent pas aller trop loin et poursuivent les tractations diplomatiques avec le Qatar, le Pakistan et Oman, pays médiateurs, afin de « prévenir une escalade » avec les États-Unis. Ils savent qu’un nouveau blocus américain empêcherait toute exportation de pétrole et mettrait le pays en difficulté encore plus grande…
De son côté, Donald Trump, qui a cru que des frappes aériennes suffiraient à amener l’Iran à reddition, ne sait comment arrêter le conflit, refusant d’envoyer des troupes au sol, ce qui est la seule manière pour vaincre. Les bombes n’ont jamais gagné une guerre…
Il regarde à la fois les bateaux dans le détroit, ses bombes, le prix du pétrole, les cours de la bourse, les taux d’intérêts. Et agit pour ne pas perdre les élections de novembre. Là aussi, ce n’est pas gagné.
Et pour ne rien arranger, une Suissesse de 54 ans, ancienne finaliste de Miss Suisse et Miss Europe, accuse le milliardaire de l’avoir agressée sexuellement lors d’un concours de beauté organisé à New York en 1993 par lui et Epstein. « Il m’a sauté dessus comme une bête sauvage » raconte-t-elle, puis menacée si je parlais… De plus, un juge a ordonné mercredi le versement d’une indemnité de dommages et intérêts s’élevant à environ 5,8 millions de dollars à la journaliste E. Jean Carroll. Cette décision fait suite au verdict civil de 2023, par lequel un jury a reconnu Donald Trump responsable d’agression sexuelle et de diffamation à son encontre.
