Enfin ! Les 27 de l’UE ont adopté un train de sanctions contre les colons violents en Cisjordanie. Ils seront interdits de séjour dans l’Union européenne et leurs potentiels avoirs seront gelés. Jusqu’à présent, la Hongrie d’Orban bloquait les décisions. Selon le quotidien israélien Haaretz, les organisations visées seraient Amana, importante organisation impliquée dans la construction de colonies en Cisjordanie, le mouvement de colons d’extrême droite Nachala ainsi que sa dirigeante Daniella Weiss, 80 ans. Seraient également concernés Hashomer Yosh et son ancien responsable Avichai Suissa, ainsi que Regavim et son directeur Meir Deutsch.
« Il était grand temps de sortir de l’impasse et d’agir. L’extrémisme et la violence ont des conséquences » a commenté la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. En 2024, l’UE avait déjà pris des sanctions contre les organisations entravant l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza, mais elles n’avaient pas eu d’effets réels. Les Européens limitent leurs possibilités en n’agissant pas contre le soutien de l’État israélien aux colonies. Les sanctions apparaissent donc insuffisantes pour faire cesser les violences et la colonisation.
Ce lundi, les 27, une nouvelle fois, n’ont pu se mettre d’accord sur la suspension de l’accord d’association avec Israël signé en 1995 et entré en vigueur en 2000. Son article 2 souligne que le partenariat dépend du « respect des droits de l’homme et des principes démocratiques ». Plusieurs pays menés par l’Espagne de Pedro Sanchez estiment que l’Etat hébreu de Netanyahou, Ben Gvir et Smotrich ne remplit pas ses obligations, mais l’Allemagne, le meilleur allié d’Israël en Europe, l’Italie et des pays de l’Europe centrale refusent de toucher à l’accord. La France, la Suède, les Pays Bas et la Slovénie réclament de leur côté des mesures pour limiter, voire interdire totalement, les exportations vers l’UE de produits en provenance des colonies. Pour décider, il faut l’unanimité.
« On n’arrive à prendre aucune mesure, simplement parce qu’il y a des pays qui sont toujours frileux, regrette le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Xavier Bettel. Je veux bien que certains nous disent que l’Histoire fait qu’ils sont éternellement redevables à Israël, mais ça ne pardonne pas. On ne peut pas accepter de fermer les yeux ».
Le Premier ministre israélien a condamné la décision européenne. Dans un communiqué, il a estimé que « l’Union européenne a révélé sa faillite morale en établissant un faux parallélisme entre les citoyens israéliens et les terroristes du Hamas ». (A la demande de Berlin, les mêmes sanctions ont été prises contre douze dirigeants du mouvement islamiste). Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a affirmé qu’Israël « a soutenu, soutient et continuera de soutenir le droit des Juifs à s’installer au cœur de notre patrie ».
Pour Michael Mann, l’ambassadeur de l’UE à Tel Aviv, il faut attendre les élections israéliennes en octobre et voir s’il y a du changement…
