Les affrontements sont particulièrement intenses à Khartoum, mais aussi au Darfour, vaste région grande comme la France, frontalière du Tchad, où des combattants tribaux, milices locales et civils armés se sont mêlés au conflit entre militaires et paramilitaires. Des violences qui prennent désormais une « dimension ethnique », qui pourrait en faire des « crimes contre l’humanité », selon l’ONU.
Les habitants de la capitale soudanaise de Khartoum ont été réveillés dimanche 2 juillet au son de « violents combats avec tous types d’armes », rapporte l’un d’eux à l’AFP, et du « survol des avions de combats », complète un second. Ces combats témoignent de la lutte acharnée pour le pouvoir entre l’armée et les paramilitaires au Soudan, où la propagation de maladies et la malnutrition d’enfants déplacés inquiètent les humanitaires.
Depuis son déclenchement le 15 avril, le conflit a fait près de 3 000 morts et 2,8 millions de déplacés et de réfugiés. L’organe gouvernemental de lutte contre les violences faites aux femmes indique avoir recensé une centaine d’agressions sexuelles, un bilan sans doute tout aussi sous-estimé que celui des pertes humaines, tant victimes et soignants sont dans l’incapacité de se déplacer sous les bombes.
Cet organe à la pointe du recensement des viols au Soudan fait état de « 25 agressions sexuelles à Nyala », chef-lieu du Darfour-Sud, « 21 agressions sexuelles à El-Geneina », chef-lieu du Darfour-Est et « 42 autres à Khartoum ».
A Khartoum, « la plupart des rescapées » ont identifié les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo comme les auteurs, et au Darfour, « toutes les survivantes ont accusé les FSR », rapporte la même source.
