Exaspérant, lassant… on a beau changer de chaîne, de radio, de journal, on tombe toujours sur les aventures, les exploits du président américain, sur ses derniers tweets et ses mots en majuscules. Sa stratégie de saturation médiatique marche à fond, il inonde l’espace pour donner l’impression qu’il domine le monde, que tout tourne autour de lui… On, la presse en général, se laisse prendre et parfois, voire souvent, oublie ceux qui souffrent en Iran, au Liban, à Gaza, en Cisjordanie. On est à l’affût de ses déclarations, même si l’on se plaît à souligner ses répétitions, ses exagérations, ses contradictions. Trump n’en a cure: tant que l’on parle de lui, en bien ou en mal, tout va bien.
Aujourd’hui, le sauvetage du deuxième pilote du F-15 abattu par les Iraniens fait la une, assimilé à une « victoire » pour Donald Trump. Certes, l’opération , difficile, a été réussie et figure comme un succès personnel, mais ce n’est pas une première. Les forces spéciales de tous les pays sont préparées pour de telles éventualités et les pilotes entraînés pour survivre dans des conditions extrêmes. Lors des guerres en Irak en 2003 et en Afghanistan, les Américains ont perdu des dizaines d’avions et plus de 100 hélicoptères, des pilotes et membres d’équipages ont été sauvés.Sans triomphalisme. Mais le président ne s’appelait pas Trump.
Certes, les Etats-Unis ont évité la capture du pilote qui aurait résonné comme une humiliation pour le président. Là, son image est préservée, il est victorieux, fort. Toujours le récit positif, le narratif imposé par la Maison Blanche.
Ne serait-il pas temps de ne plus commenter la moindre déclaration de ce président égocentrique, narcissique, vulgaire et inculte. Au lieu de gloser sur ses mots, de se répéter, comme lui, ne serait-il pas préférable de s’en tenir aux faits. Mardi à 20 heures, initialement prévu lundi à 20h, mais repoussé par Trump il y a quelques instants, l’ultimatum accordé aux gardiens de la révolution expirera. Trump déchainera-t-il l’enfer sur l’Iran ou passera-t-il à autre chose. Il avait déjà fait cette promesse au Hamas..
On ne peut pas ghosté le président américain, même si le prix Nobel de la paix 2005 et ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Mohamed El-Baradei appelle la communauté internationale à stopper celui qu’il qualifie de « fou » qui veut transformer le Moyen-Orient « en boule de feu ».
Au moment de son retour à la Maison Blanche, des journalistes français s’étaient posé la question de savoir comment parler de l’homme le plus puissant du monde sans servir sa stratégie consistant à inonder l’espace médiatique. Ils n’auraient toujours pas la réponse… Malgré les envies, on, la presse, continuera de tomber dans le panneau trumpien.
