Il gagne. Pourquoi ? Il explique : « ça s’appelle le talent, je l’ai alors que eux, non ». C’est, bien sûr, Donald Trump qui parle. Il vient de remporter le tournoi de golf qu’il a organisé sur son parcours de Bedminster dans le New Jersey. Publiant une vidéo de son « coup gagnant » sur Truth Social, il note qu’il dispose de « très peu de temps pour s’entraîner » en raison de ses fonctions présidentielles. Par contre, il ne dit pas un mot sur les vidéos d’autres concurrents qui doutent de sa victoire et de son score annoncé de 70. Le milliardaire se vante d’une quarantaine de victoires, fruit pour la plupart de tricherie.
Un journaliste de Sport illustrated écrit qu’ « en matière de tricherie, il mérite la note de onze sur une échelle de un à dix ». Il se donnerait le droit de rejouer des coups ratés, organiserait des tournois dont il est le seul participant, se ferait déclarer vainqueur sous prétexte qu’il est meilleur que le gagnant et aurait remporté une compétition alors qu’il rencontrait le Nord-Coréen Kim Jong Un !
Tricherie aussi ou au moins vantardise quand il évoque ses exploits présidentiels, les accords de paix qu’il a réussis simplement en téléphonant. Des mots plus que des faits… En diplomatie, contrairement à ce qu’il croit, il ne montre aucun talent. Ukraine, Gaza, Iran, Ormuz, il n’avance pas et se répète au fil du temps. Les conflits qu’il devait régler en quelques jours durent, mais, assure-t-il, c’est pour demain, pour bientôt, pour « assez bientôt »… La semaine dernière, le mois dernier, c’était déjà demain… Il ne le dit pas, mais le pense sans aucun doute : les gens avec lesquels il négocie ou dit négocier n’ont pas le « talent ».
En attendant que bientôt arrive… bientôt, Donald Trump est englué dans le piège qu’il s’est fabriqué. Il ne peut obtenir de victoire militaire totale car il refuse d’engager les moyens nécessaires dont les forces terrestres ; il ne peut envisager un accord diplomatique car il refuse les concessions attendues par l’Iran. Et dire qu’avant le 28 février le franchissement du détroit d’Ormuz était totalement libre…
