La Maison Blanche avait annoncé avec insistance des annonces importantes sur la guerre en Iran. Raté, totalement raté. Donald Trump a lu son prompteur pendant une vingtaine de minutes et n’a rien apporté de nouveau. Il s’est contenté de répéter ce qu’il dit depuis un mois: tout va bien, nous sommes les plus forts, nous allons anéantir l’Iran , le ramener à « l’âge de pierre ». Parfois, il reprenait mot à mot des phrases déjà prononcées…
En affirmant qu’il allait encore frapper très fort pendant deux à trois semaines, mais que la guerre ne durerait pas, contrairement à celles menées par ses prédécesseurs, il voulait rassurer sa base MAGA et les marchés. Sa magnifique armée ne fait qu’un « petit voyage pour se débarrasser de cette horrible menace ». Ces derniers jours, il parlait d’ « excursion »… Les objectifs pratiquement atteints l’étaient totalement lors de sa dernière intervention… N’étant pas à une contradiction près, il a affirmé que le détroit d’Ormuz ne le concernait plus car il a plein de pétrole et de gaz naturel et que les Européens et Asiatiques n’ont qu’à aller le libérer eux-mêmes , puis il a assuré que dès qu’il se retirerait, le détroit s’ouvrira « naturellement ». Alors pourquoi appeler à une action militaire plus que risquée?
Pas un mot sur une éventuelle opération terrestre, ni sur la récupération des 450 kilos d’uranium enrichi. Et l’affirmation qu’il n’était pas là pour forcer un changement de régime. D’ailleurs, il se vante d’en avoir éliminé deux… Trump se moque des Iraniens qui souffrent. Tout ce qui l’intéresse, c’est de trouver une porte de sortie, de pouvoir annoncer une victoire.
Finalement, le président américain ne tient aucune de ses promesses, mais continue d’en faire: le pétrole peut encore augmenter, mais après tout ira mieux. En attendant, les marchés sont en baisse et le pétrole en hausse. Il voulait rassurer sa base MAGA et les indécis qui doutent de plus en plus. Pas sûr que cette adresse solennelle pour ne rien dire soit « payante » pour lui. Son fidèle et incompétent ministre de la Guerre, Pete Hegseth pourra le défendre en réexpliquant que cet embrouillamini est une stratégie pour que nul ne sache ce que le président veut vraiment faire. Lui le sait-il? On ne peut que douter encore plus de ses capacités à diriger la première puissance mondiale.
Quelques heures avant son discours, Donald Trump s’était moqué du président français « Macron, dont la femme le traite extrêmement mal… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire ». Une référence à une vidéo virale qui avait circulé en mai et qui, selon l’Elysée, n’était qu’un moment de « chahut », de « décompression ». Vindicatif – c’est un trait dominant de soin caractère- il attaquait ainsi un président dont la cote, en baisse chez lui, monte aux Etats-Unis car il s’oppose à lui… En visite en Corée du Sud, le président français a simplement estimé que ces propos « ni élégants, ni à la hauteur ne méritaient pas de réponse ».
Décidément, le 45eme et 47eme président américain n’est pas à la hauteur…
