La vie politique au Moyen-Orient est un bourbier et un échiquier où chaque acteur avance à tatillons, où chaque coup a des répercussions sur le monde entier. Tout commence en 1975 lorsqu’un accord de coopération nucléaire entre la France et l’Irak pour l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques est signé à Bagdad par Jacques Chirac et Saddam Hussein. Osirak est le nom d’un ancien réacteur nucléaire expérimental de 40 MW construit en 1975 par la France et était officiellement destiné à des recherches civiles sur le nucléaire. Plusieurs pays redoutaient qu’il ne serve à développer la bombe atomique pour le régime irakien. Doutes définitivement levés lorsque la une du journal Libainais « El Ousbou El Arabi » marque durablement les esprits : de la bouche de Saddam même « L’accord avec la France est le premier pas concret vers la production de l’arme atomique arabe ».
Dès lors tout s’enchaine : Israéliens, américains et même les français eux-mêmes regrettant très probablement leur décision, mettent tout en œuvre pour arrêter le train en marche (l’Egypte panarabe ne s’est toujours pas remise de l’assassinat violant et barbare à Paris par le mossad du scientifique nucléaire Yahia el Mashad).

Première attaque militaire visant un site nucléaire
Le 30 septembre 1980, au début de la guerre Iran-Irak, le réacteur Osirak est attaqué par des jets militaires iraniens. En effet deux chasseurs-bombardiers F-4 Phantom de la Force aérienne de la république islamique d’Iran attaquent lors de l’opération « Scorch Sword » avec douze bombes Mk 82 le centre de recherches de Tuwaitha à Bagdad mais sans toucher directement les deux réacteurs Osirak et Isis. Il s’agit en outre de la première attaque militaire visant un site nucléaire.
Un an plus tard, le 7 juin 1981, il est sévèrement endommagé par l’armée de l’air israélienne lors de l’opération « Opéra » et en 1991, il est de nouveau ciblé, par l’armée américaine lors de la guerre du Golfe.
