Par Yann Fillon
Cette édition de la CAN se termine avec une finale très décousue mais orpheline de buts avec la victoire finale du Sénégal après la séance de tirs au but, la 1ere pour ce pays.
Cette grande fête africaine du football s’est pourtant révélée être un désastre tant au niveau de l’organisation qu’au niveau sportif.
Des infrastructures vétustes ou inachevées, avec des équipes et des membres de staffs jusqu’à 6 dans une même chambre avec un seul sanitaire pour tous, à deux dans un même lit… inconcevable en temps de covid… Autre exemple avec l’équipe tunisienne qui à l’issue du match face à la Gambie a dû quitter le stade de Limbe sans se doucher faute d’eau.
L’état déplorable des pelouses et notamment celle de Douala qui a causé la bourde et la blessure du gardien ivoirien Badra Ali Sangaré face au Sierra Leone. De même les nombreuses plaintes des joueurs algériens qui y ont disputé leurs matchs de poule en enchaînant les erreurs techniques sur ce même champ de bataille.
Un autre couac qui frise le sketch est la diffusion du mauvais hymne par 2 fois pour la Mauritanie face à la Gambie. Les joueurs ayant tant bien que mal chanté leur hymne avec la mauvaise bande son, le manque de professionnalisme des stadiers est à souligner une fois de plus.
L’arbitrage est aussi à mettre en avant en terme d’anecdote ridicule. Tout le monde se souviendra de Janny Sikazwe l’arbitre de Tunisie-Mali qui devant la consternation de tout un stade à sifflé la fin du match à la 85e mn avant de se raviser après de longues discussions pour ensuite reprendre la partie et siffler de nouveau à la 89e face à des tunisiens médusés qui malgré tous les recours possibles n’ont pu que garder cette défaite en travers de la gorge.
Il y a également la gestion du facteur crise sanitaire qui a posé des problèmes considérables aux organisateurs. Outre le prix exorbitant des places, la pandémie a eu un impact flagrant sur la fréquentation des stades. Hormis les matchs de l’équipe locale, les stades étaient peu remplis car les règles sanitaires pour pouvoir assister aux rencontres étaient très (trop) exigeantes.
De même pour les joueurs qui ont eu des tests réguliers et usants avec pour certains des suspicions de malversations pour les équipes qui jouaient face au pays hôte. Ainsi l’adjoint du sélectionneur burkinabais atteste « une équipe médicale s’est pointée à notre hôtel pour des tests. Quand on a cherché à comprendre qui les a envoyés, la CAF nous a dit clairement que ce n’était pas eux, nous avons refusé de faire les tests ». De nombreuses sélections ont donc été amputées de plusieurs joueurs, avec la palme pour les Comores qui a dû jouer face au Cameroun avec un arrière latéral dans les buts faute de gardien. Cette même équipe camerounaise qui a été étonnamment très épargnée par le covid durant la compétition.
Reste enfin les problèmes politiques et sécuritaires avec notamment des matchs joués en zone de guerre afin de contenter une population grondante, des journalistes algériens agressés à l’arme blanche et le drame avec les 8 personnes décédées lors d’un attroupement dans des circonstances terribles. Encore un manquement flagrant en terme d’organisation.
Un nombre incalculable de bourdes et de décisions incohérentes auront fait de cette CAN 2022 l’une des plus incroyablement ratée et le football africain qui doit se servir de cet événement comme vitrine de son évolution sportive aura fait un bond considérable en arrière et donné une piètre image de son continent.
