Après plus de quatre ans et demi de guerre, l’Ukraine et la Russie connaissent de graves difficultés et cherchent à forcer l’ennemi à négocier, à aller vers la paix. Vladimir Poutine multiplie les frappes de drones et de missiles sur Kiev, Odessa et autres villes, avertissant ainsi les Ukrainiens qu’ils risquent de manquer d’électricité et de chauffage cet hiver. Il lance aussi des attaques hybrides en Europe, notamment en Allemagne et menace même d’atteindre des usines britanniques d’armement.
De son côté, Volodymyr Zelensky qui déplore la mort de nombreux civils réclame tous les jours à ses alliés des intercepteurs pour arrêter les missiles et les drones de plus en plus perfectionnés. A Dublin, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont promis un soutien total mais n’ont pris aucune décision. La cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, a simplement appelé les pays disposant d’intercepteurs de défense aérienne arrivant prochainement à expiration à les fournir à l’Ukraine afin qu’elle puisse les utiliser pour protéger sa population ». Friedrich Merz qui, avant son arrivée à la chancellerie, promettait de fournir des missiles Taurus et envisageait de livrer des systèmes Patriot, a fait depuis marche arrière et pense qu’il faut plutôt donner de l’argent à Kiev…
Le président ukrainien, pour faire plier son homologue russe, a dégainé un nouveau moyen : rendre le ciel russe « extrêmement dangereux ». Il a prévenu le monde entier qu’ « il y aura des drones ukrainiens dans le ciel russe tant que la guerre continuera, que les jours sûrs dans le ciel russe sont révolus ». Il affirme que son pays ne veut pas que des vies innocentes soient perdues mais qu’il faudra faire attention. Des compagnies occidentales évitent déjà de trop survoler la Russie, mais d’autres, en provenance de Chine, de Turquie ou des pays du Golfe continuent à assurer des vols à destination de Moscou ou Saint-Pétersbourg. Ces villes servent souvent d’étape dans un voyage vers une destination plus lointaine en Asie, et permettent aux transporteurs de réaliser des économies de temps et de carburant. En avertissant, l’Ukraine rappelle le crash d’un avion de la Malaysia Airlines touché en 2014 par des débris résultant de l’explosion d’un obus russe. L’ONU avait jugé la Russie responsable de la mort des 298 passagers. L’an dernier, Poutine a reconnu une responsabilité de son pays dans le crash d’un avion de ligne d’Azerbaïdjan Airlines en 2024 touché alors que la défense antiaérienne russe visait des drones ukrainiens. Cela pourrait se reproduire…
L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) demande à tous ses membres de s’engager à « protéger les avions » des « risques » provenant des « zones de conflit ». Poutine dénonce du « terrorisme international » et réaffirme qu’on ne négocie pas avec le terrorisme. La paix n’est toujours pas en vue.
