Sondages après sondages, la cote de Donald Trump s’effondre. Elle n’est plus qu’à 34% et sa défaite lors des élections de mi-mandat en novembre apparaît de plus en plus probable d’autant que les Républicains ne sont plus que 76% derrière lui. Cependant, le parti démocrate, pratiquement invisible depuis sa lourde défaite en 2024 , n’attire pas les électeurs qui ne voient que les divisions et fractures qui ne cessent de grandir au sein du parti de l’âne. Il n’a plus ni programme ni identité.
Les modérés portés par le gouverneur de Californie Gavin Newsom, l’ex-secrétaire aux Transports Pete Buttigieg et les gouverneures Abigail Spanberger en Virginie et Mikie Sherrill dans le New Jersey représentent un peu plus de 50% du parti et font face à l’aile gauche animée par Bernie Sanders et Alexandra Ocasio-Cortès, environ 45%, qui sont rejoint par les nouvelles têtes encore plus radicales que sont Zohran Mamdani et Abdul El Sayed. Le premier, démocrate socialiste est maire de New York depuis janvier et le second, médecin de 41 ans, nouveau en politique vient de gagner la primaire du Michigan et envisage de devenir en novembre le premier sénateur musulman des Etats-Unis. Se définissant comme progressiste, il a battu dans ce « swing state » particulièrement important pour les démocrates, une candidate centriste, Haley Stevens soutenue par les modérés, les donateurs des grandes entreprises et l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le lobby pro-Israël. 60 millions de dollars dépensés pour une défaite.
Mamdani et El-Sayed s’adressent aux jeunes, aux moins aisés, aux travailleurs et promettent de les aider à vivre mieux. « En bâtissant un mouvement brique après brique, en parcourant l’État pour dialoguer avec les gens qui s’inquiètent des prix de l’essence, des courses, du logement et des soins de santé, on peut créer un mouvement capable de vaincre Goliath » a affirmé El-Sayed, fils d’immigrés égyptiens après sa victoire.
Tous les deux et ceux, de plus en plus nombreux, qui les suivent soutiennent les Palestiniens et critiquent fortement l’aide apportée par Washington à Israël. « Je n’en peux plus que l’argent de nos impôts soit utilisé pour lancer des bombes sur des enfants » a écrit le progressiste. Un sentiment partagé par 74% des sympathisants démocrates selon une étude récente du New York Times.
Paradoxalement, la victoire du médecin progressiste a été accueillie par Trump comme « une super nouvelle pour les républicains ». En effet, elle fournit à la majorité actuelle un double angle d’attaque : comment voter pour un parti qui se déchire, comment voter pour des « communistes » qui détruiront le pays ? Trump espère que le radicalisme de ces tenants de la gauche fera peur aux indécis, aux indépendants dont les voix permettent de gagner les élections.
Deux primaires importantes ont lieu mardi dans le Wisconsin et le Minnesota. Elles montreront si le bon vent souffle vers la gauche ou le centre du parti de l’âne…
