De plus en plus de morts civils. Juillet, rapporte l’ONU, a été le mois le plus meurtrier en Ukraine depuis avril 2022. Au total pour les six premiers mois de l’année, 1396 civils ont péri sous les bombardements russes et 7978 ont été blessés. Manquant d’intercepteurs, les forces ukrainiennes ne peuvent abattre les missiles et, tous les jours, le président Zelensky supplie, en vain jusqu’à présent, ses alliés de lui en livrer. L’Amérique hésite, l’Europe ne veut pas se défaire du peu qu’elle a et n’envoie que de l’argent – déblocage d’1,4 milliard d’euros.
Les frappes sont massives des deux côtés, surtout des drones pour l’Ukraine, et des civils russes meurent aussi même si, contrairement à Moscou qui entraîne ses dronistes à tuer, Kiev ne vise pas délibérément des civils.
L’Ukraine veut faire sentir aux Russes qu’ils sont en guerre. Le 25 juin, Volodymyr Zelensky avait annoncé un plan de 40 jours pour forcer Vladimir Poutine à mettre fin à la guerre. Un échec évidemment car le maître du Kremlin exige toujours que l’Ukraine lui cède la totalité du Donbass. Un succès quand même car ces 40 jours ont effectivement eu un effet sur la population. 100 sites stratégiques ou pétroliers ont été visés provoquant des pénuries de carburant et 21 000 cibles sur le front. Des frappes destructrices ont également été enregistrées en mer Noire.
Si Poutine peut être en difficulté, il n’a pourtant pas de souci à se faire : son parti Russie unie va remporter les élections législatives du mois prochain et ses amis chinois et nord-coréens ne le laissent pas tomber. Pyongyang envoie des soldats d’une unité de missiles dans l’ouest de la Russie, équipée de dizaines de missiles KN-23 et KN-24 d’une portée de 410 à 690 km.
La guerre ne peut que continuer même si les deux adversaires partagent le même souci : le recrutement. Kiev, qui chasse les insoumis et a porté à 60 ans la limite d’âge pour se porter volontaire, cherche à faire revenir les jeunes partis à l’étranger. Ils seraient 350 000 mobilisables en Allemagne. La Russie peut mobiliser 27 000 soldats par mois, mais elle en perdrait 30 000 dans le même temps. Les énormes avantages financiers promis n’attirant plus les jeunes, on prête à Poutine l’intention de décréter une mobilisation générale après les législatives. Afin d’enrôler de 300 000 à 500 000 hommes. Qui vivront combien de temps ? Les ukrainiens estiment que la durée de vie moyenne d’un soldat d’infanterie russe est d’environ une semaine. Récemment, le directeur de la CIA, John Radcliffe, citant les services de renseignement américains, estimait que l’espérance de vie moyenne d’une recrue russe arrivant sur le front ne serait que de vingt à trente minutes !
