Elles ont évolué dans le monde de la musique, du théâtre, du cinéma ou du tennis. Sur Mediapart ce mercredi 18 mars, elles sont huit femmes à accuser le même homme de violences sexuelles entre 1992 et 2019: le chanteur et acteur français Patrick Bruel.
Les femmes interrogées décrivent un «obsédé sexuel» et évoquent une «omerta» autour de ses agissements qui a perduré après les premiers témoignages. Sa carrière a continué. «Pendant que lui poursuivait sa vie sereinement, de mon côté, les conséquences ont été lourdes», décrit au média en ligne une plaignante, qui travaillait comme masseuse dans un hôtel-spa de luxe.
« Malentendu »
La star de 66 ans avait déjà vécu son moment #MeToo en 2019. Le témoignage d’une esthéticienne – faisant part d’exhibition et de harcèlement sexuel en Corse – avait en partie libéré la parole. Au total, cinq femmes travaillant comme masseuses de luxe dans cinq villes, l’avaient accusé de violences à caractère sexuel.
Le parquet d’Ajaccio avait été saisi, et la justice avait aussi reçu un signalement en provenance des autorités suisses. Quatre femmes l’avaient finalement poursuivi et l’enquête avait été classée sans suite en décembre 2020 faute d’élément ayant trait au pénal. Patrick Bruel avait plaidé le malentendu.
Une accusatrice mineure
L’une de ses accusatrices était mineure au moment des faits qu’elle décrit, qui se seraient déroulés à l’US Open 1992 – elle avait 15 ans, était bénévole au tournoi de tennis… et «fan» de l’idole des jeunes qu’était Bruel. Il aurait essayé «de l’embrasser» à plusieurs reprises, avant d’y parvenir malgré les refus.
Une autre «fan» l’accuse, elle, de viol. Elle évoque avoir vécu une courte relation avec le chanteur lorsqu’elle avait la vingtaine. Elle assure qu’en 2000, il l’aurait «forcée à une fellation» et décrit l’état de sidération dans lequel elle se trouvait.
Patrick Bruel réfute
Aujourd’hui directrice générale d’Unifrance, l’organe de promotion du cinéma français à l’étranger, Daniela Elstner porte plainte contre le chanteur pour tentative de viol et agression sexuelle. Elle avait alors 26 ans et il lui aurait dit: «Mais tu es qui? Personne ne te croira. Tu n’es rien».
Contacté par le média indépendant, Patrick Bruel assure via son avocat «n’avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel». Il nie «toute accusation de viol», mais aussi «les allégations de violence, de brutalité et de contrainte». Il dit «regretter les souffrances» vécues par ces femmes dont il ne remet «pas en question le ressenti».
