Qui trompe le monde, cherche à manipuler l’opinion à son avantage ? Donald Trump ou les Iraniens ? Plutôt les deux. En affirmant qu’il y a des « conversations positives » avec un interlocuteur reconnu, « très solide et très raisonnable », Donald Trump en rajoute, fait du Trump… En niant toute négociation, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Majlis, ne ment pas, mais ne dit pas toute la vérité. Du flou, de la confusion. S’il n’y a pas de négociations en bonne et due forme, les deux parties se sont rapprochées et échangent des messages sur un règlement par l’intermédiaire de plusieurs canaux.
Le Pakistan, proche des deux parties et où se seraient rendus dimanche des émissaires iraniens, est le plus actif, prêt à organiser une véritable négociation dimanche. La Turquie, l’Égypte et Oman contribuent aussi à trouver une issue à la crise qui pourrait plonger le monde dans une grave crise économique.
D’après le site d’informations Axios et le New York Times, Ghalibaf se serait bien entretenu avec Witkoff et Kushner. A Tel Aviv, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a confirmé que Donald Trump entrevoyait une possibilité de parvenir à un accord avec l’Iran, “un accord qui préservera nos intérêts vitaux” . À Téhéran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei, reconnaît que l’Iran a bien été sollicité par « l’intermédiaire de certains pays amis » pour dialoguer avec les États-Unis mais a rejeté toute forme de négociation.
Pour des raisons de politique intérieure et parce que c’est sa manière de procéder, Donald Trump surestime les résultats des contacts et se vante tout en menaçant de « continuer à bombarder allègrement » si les négociations échouaient. Ce matin, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont été visées par des frappes israélo-américaines, a rapporté l’agence de presse Fars,
Le pouvoir iranien, en pleine recomposition et criant lui aussi victoire, ne peut céder à Trump tant qu’il a les moyens de se battre, de faire mal. Après plus de 16 000 frappes qui n’ont pas abattu le régime et le blocage d’Ormuz, les Iraniens se sentent en position de force et posent leurs exigences : percevoir un droit de passage pour chaque bateau traversant le détroit, le retrait des bases américaines dans la région du Golfe et des garanties solides que ni les États-Unis ni Israël ne vont pas recommencer à les attaquer à l’avenir. Pour montrer leur détermination, les gardiens de la révolution ont nommé un « dur », Mohammad Bagher Zolghadr, à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, en remplacement d’Ari Larijani.
Pour l’heure, il n’y donc aucun « points d’accord majeurs » comme le prétendait hier le président américain qui, en difficulté, cherche une issue. S’il a, un temps, rassuré les marchés, le baril de Brent a repassé la barre des 100 dollars.Les déclarations contradictoires, les revirements de Trump inquiètent une partie de la classe politique qui se demande s’il possède encore toutes ses capacités intellectuelles. Selon Newsweek, le journaliste Scott McConnell, rédacteur en chef fondateur du magazine The American Conservative, a appelé le vice-président JD Vance à prendre ses responsabilités et à apporter son soutien à une transition du pouvoir fondée sur le 25e amendement.
