Il y a quelques jours, Donald Trump malmenait le Premier ministre britannique Keir Starmer qui venait, avec retard selon lui, de l’autoriser à utiliser ses bases pour attaquer l’Iran : « C’est bon, Premier ministre Starmer, nous n’en avons plus besoin. Mais nous nous souviendrons. Nous n’avons pas besoin de gens qui se joignent aux guerres après que nous les ayons déjà gagnées ! ». Le président américain multipliait alors ses annonces de victoire de ses forces formidables à l’armement incomparable : « Les États-Unis d’Amérique ont vaincu et complètement anéanti l’Iran, tant sur le plan militaire qu’économique et à tous les autres égards ».
Vendredi, il déclarait à Fox News Radio que « la guerre prendra fin quand je le sentirai au plus profond de moi », et que cela ne « prendrait pas longtemps ». En réalité, sa guerre n’était le succès escompté et il savait que le blocage du détroit d’Ormuz tout comme les missiles et drones sans cesse lancés par les pasdarans prouvaient au monde entier que l’Iran résistait et se montrait toujours dangereux. Trump qui misait sur une capitulation rapide de Téhéran, est quelque peu perdu et appelle maintenant à l’aide pour garantir la liberté de passage dans le détroit d’Ormuz. Et, comme à son habitude, il menace ses alliés, l’Otan et la Chine. Une sorte d’aveu d’échec.
Aucun pays ne lui a donné une réponse positive. Ce matin, le Britannique Starmer a déclaré que son pays ne sera pas entraîné dans la guerre et se coordonne avec ses alliés pour élaborer un plan viable afin de garantir la liberté de navigation dans la région. Berlin a martelé que la guerre engagée par Israël et les États-Unis contre l’Iran « n’a rien à voir avec l’Otan ». Lundi dernier, le Français Macron avait annoncé que « nous sommes en train de mettre en place une « mission purement défensive, purement d’accompagnement » qui « a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit ». L’ UE devait en discuter aujourd’hui.
Donald Trump, lui, a tenu une nouvelle conférence de presse dans l’après-midi pour reprendre la main après les critiques de la presse et répondre à l’opinion largement opposée à sa guerre. Il a cherché à imposer son narratif en vantant ses succès et à mettre la pression sur les pays dont il espère l’aide… même si elle est superflue : « nous n’avons besoin de personne, mais j’ai envie de voir comment ils réagissent. J’ai dit que si nous avions besoin d’eux, ils nous laisseraient tomber alors que nous les avons aidés, protégés, notamment sur l’Ukraine pourtant loin de chez nous ». Cependant, il a répondu à une question posée par une journaliste française, qu’il pense que Macron « va nous aider ». Il s’est entretenu avec lui et « de 0 à 10, je lui ai donné un 8 »… Pas sûr qu’il ai bien compris le président français…
Plus ou moins incohérent, Trump a affirmé que tout se passe bien et qu’il avait tout prévu, y compris les difficultés dans le détroit d’Ormuz. Il a laissé entendre qu’une intervention terrestre sur l’île de Kharg était possible. A suivre…
