« Je fonctionne beaucoup à l’instinct, mais mon instinct se révèle juste. Je sens les choses, je vois les choses. Et j’ai raison ». On était en mars 2017 et Donald Trump répondait ainsi au Time qui tirait en couverture « La vérité est-elle morte ? » Interrogé sur un éditorial du Wall Street Journal qui mettait en doute sa crédibilité, il répondait que c’est « une honte, des milliers de personnes viennent m’applaudir, je suis aimé par le peuple ». Un journaliste canadien relevait 14 mensonges dans cet interview qualifié de « surréaliste », dont l’affirmation qu’il avait prévu le Brexit.
Neuf ans plus tard, rien n’a changé. Hier, lors d’un conseil des ministres télévisé comme une télé-réalité, il a déclaré que le slogan -inventé par lui- Donald Trump a raison sur tout était exact. A sa gauche, son fidèle « toutou » Pete Hegseth souriait et approuvait. Et le 47eme président critiquait encore le WSJ et ses fake news …
Tout va bien et même mieux que prévu. Donald Trump, c’est l’excellence en tout. De l’Iran aux affaires intérieures en passant par Gaza, le Venezuela ou Cuba… Il a tout prévu et règle ses comptes en accumulant les approximations, les mensonges. Que ce soit sur l’Iran ”qui le supplie de trouver un accord”, sur le bâtiment de la Réserve fédérale dont la rénovation coûterait 4 milliards de dollars alors que lui la ferait pour 25 millions ou la baisse du prix des médicaments. Mais pas une explication sur sa décision de reporter son ultimatum de dix jours. Le temps d’acheminer de nouvelles forces ?
Pourquoi alors qu’il est tellement aimé, voit-il sa cote au plus bas? 61 % de ses compatriotes sont opposés à sa guerre. Est-ce pour cela qu’il n’est pas présent, pour la première fois, à la CPAC, la Conférence d’action politique conservatrice qui se tient dans la banlieue de Dallas. Certes, la majorité des MAGA le soutient toujours mais des voix s’élèvent pour dire qu’il s’écarte de sa promesse d’« America first » et qu’il est trop proche d’Israël qu’il faut certes protéger mais aussi contrôler.
En réglant ses comptes, en s’étonnant qu’on l’attaque alors qu’il fait tout bien, Donald Trump s’en prend à la Cour suprême qui le « dégoûte » en raison de sa décision « dingue » contre les droits de douane qu’il maintient quand même, aux démocrates fous qui cherchent à protéger les criminel étrangers, ce qui met les gens en colère. Et il n’oublie pas de rendre hommage à l’armée qu’il a « construite lors de son premier mandat ». Alors, pourquoi, si c’est « son » armée, a-t-il lancé le 30 septembre dernier aux généraux qui ne l’applaudissaient pas : « si vous n’aimez pas ce que je dis, vous pouvez quitter la salle – et dire au revoir à votre grade, à votre avenir ».
Plus que l’Iran et le Moyen Orient, le grand combat de Donald Trump ne serait-il pas celui qu’il mène pour réduire le droit de vote de certains américains qui n’ont pas les documents qu’il veut imposer, avec photo d’identité, et qui votent surtout pour les démocrates. Dans quatorze États, aucune pièce d’identité n’est exigée. La fraude est quasiment inexistante.
