Trump souhaite que des pays alliés des États-Unis déploient des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz pour contrer la hausse des prix du pétrole. Pour l’heure, les États-Unis et l’Iran excluent toute négociation diplomatique.
Le président américain Donald Trump a appelé les pays touchés par le blocage des approvisionnements pétroliers dans le détroit d’Ormuz à se joindre aux efforts pour rouvrir les voies de navigation, alors que le Financial Times rapporte que les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne discuteraient de l’élargissement de la mission navale régionale de l’UE, le programme Aspides.
Washington veut une action coordonnée
Trump lui-même a minimisé les inquiétudes concernant la flambée des prix de l’essence pour les consommateurs américains, en affirmant qu’ils retomberaient rapidement. Il a toutefois appelé la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres pays alliés à envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz pour y garantir la navigation.
“Les pays du monde qui reçoivent du pétrole par le détroit d’Ormuz doivent assurer la sécurité de ce passage, et nous les aiderons énormément”, a écrit Trump sur les réseaux sociaux samedi. Les États-Unis se coordonnent également avec ces pays afin que tout se déroule rapidement, sans encombre et dans les meilleures conditions.
Un appel entendu par les Européens?
Le Financial Times a indiqué que les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis lundi en séance ordinaire, discuteraient d’un éventuel élargissement de la mission navale européenne Aspides, qui protège les navires contre les attaques houthies en mer Rouge, au détroit d’Ormuz.
La France cherche à constituer une coalition pour sécuriser le détroit une fois la situation sécuritaire stabilisée, tandis que le Royaume-Uni examine diverses options avec ses alliés afin de garantir la sécurité de la navigation, ont indiqué des responsables. Téhéran a déclaré à la France que les pays européens devaient s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver le conflit. Téhéran a également affirmé que l’Iran répondrait à toute attaque contre ses installations énergétiques.
De nouvelles frappes à Kharg?
Ces initiatives ont lieu alors que Donald Trump a menacé de mener de nouvelles frappes sur l’île de Kharg, principal centre d’exportation de pétrole iranien, et a déclaré ne pas être prêt à un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre qui a bloqué le détroit d’Ormuz, voie de passage vitale pour le commerce mondial des hydrocarbures. “On pourrait bien frapper [cette île, ndlr] encore quelques fois, juste pour le plaisir”, a-t-il déclaré.
Les propos du président américain marquent une nette escalade, Trump ayant auparavant affirmé que les États-Unis ne ciblaient que des sites militaires sur l’île de Kharg, ce qui porte un nouveau coup dur aux efforts diplomatiques visant à mettre fin à une guerre qui s’est étendue à tout le Moyen-Orient et a fait plus de 2.000 morts, principalement en Iran et au Liban.
8% du pétrole mondial
L’Agence internationale de l’énergie a indiqué la semaine dernière que la fermeture de ce passage étroit le long des côtes iraniennes avait provoqué la plus grande perturbation de l’histoire des marchés pétroliers mondiaux et devrait entraîner une réduction d’environ 8% des approvisionnements mondiaux en mars.
Soulignant l’impact de la guerre sur les infrastructures énergétiques de la région, le port de Fujairah, plaque tournante mondiale du ravitaillement en pétrole aux Émirats arabes unis, a été fermé après les bombardements de samedi, mais a repris ses opérations de chargement dimanche, selon une source industrielle basée à Fujairah.
Avec un prix du pétrole brut supérieur à 100 dollars le baril et une nouvelle hausse prévue la semaine prochaine, cette question pèse sur le parti républicain de Trump, qui doit faire face au test des élections de mi-mandat prévues en novembre.
