C’est une véritable consécration pour « Sinners » de Ryan Coogler. En effet le film avait reçu pas moins de 16 nominations, devenant ainsi le long-métrage le plus nommé de l’histoire des Oscars, battant le précédent record de 14 nominations détenu par « Eve » (1950), « Titanic » (1997) et le soporifique « La La Land » (2016). « Sinners » a en outre rapporté plus de 368 millions de dollars dans le monde et a valu à Michael B Jordan l’oscar mérité du Meilleur rôle (il incarne à merveille des jumeaux et livre tout une palette de jeu d’acteur) et à Bryan Coogler l’oscar du meilleur scénario original. Sans oublier l’oscar de la Meilleure photographie pour Autumn Durald Arkapaw (première femme à remporter ce prix) et celui de la meilleure musique. Une question se pose alors : pourquoi tout cet engouement autour de « Sinners » ? Après tout, un film intitulé « Abraham Lincoln chasseur de vampires » datant de 2012 et très similaire à « Sinners » n’a pas rencontré le même succès. Alors pourquoi ?
Pour la simple et unique raison est que « Sinners » est un véritable plaidoyer contre la haine et le racisme qui rongent les Etats-Unis d’Amérique. Des fléaux qui, malgré 400 ans d’existence, une guerre civile et des faits divers terrifiants et sanglants se comptant par milliers voire par millions, continuent de présenter l’Amérique comme un véritable cauchemar pour ses minorités qui ont eu le courage de le transformer en rêve. Des minorités qui en ont assez et qui disent stop! (en témoigne la position de nombreux américains sur la guerre d’Iran).


« Sinners » n’avait pas besoin des oscars pour briller !
C’est le cinéaste Bryan Coogler qui a tenu ces paroles. Il a su mettre en scène cette histoire de deux frères jumeaux qui reviennent de Chicago dans leur ville natale au Mississppi pour repartir à zéro. Des anti-héros qui comprennent qu’une puissance maléfique bien plus redoutable guette leur retour avec impatience. « Sinners » est un voyage dans l’horreur. Il s’agit d’un drame historique franchement « cool » qui puise dans la mythologie vampirique (on pense à l’auteur de bande dessinée Ben Templesmith à ses créations « 30 jours de nuit ») pour offrir au public un voyage (également musical et fortement inspiré du théâtre) qu’il n’est pas prêt d’oublier de sitôt.
